Mali : fortes récompenses pour la capture des chefs du JNIM et du FLA

Une offensive judiciaire et financière contre les leaders insurgés

Les autorités de transition au Mali ont franchi une nouvelle étape dans leur stratégie de défense en mettant à prix la tête de plusieurs figures emblématiques de l’insurrection armée. Au premier rang de ces cibles figure Iyad Ag Ghaly, le dirigeant du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans). Cet ancien diplomate et ex-rebelle touareg est aujourd’hui considéré comme l’homme le plus recherché de la zone sahélienne.

Déjà sous le coup de sanctions internationales de l’ONU et classé sur la liste des terroristes par les États-Unis, Iyad Ag Ghaly est également visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour des soupçons de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Des attaques coordonnées aux conséquences dramatiques

Cette décision du pouvoir central intervient après une dégradation brutale de la situation sécuritaire. À la fin du mois d’avril, les 25 et 26, une série d’offensives coordonnées a frappé des positions stratégiques dans plusieurs régions du pays. Ces opérations ont été menées par une alliance entre les combattants du JNIM et les rebelles du FLA (Front de libération de l’Azawad), à dominante touareg.

Le bilan de ces attaques d’une ampleur inédite est particulièrement lourd pour les autorités de Bamako. L’un des piliers du gouvernement, le ministre de la Défense Sadio Camara, âgé de 47 ans, a été tué lors d’un attentat-suicide durant ces affrontements.

Des millions d’euros pour la neutralisation des cibles

Dans une annonce officielle, le gouvernement a désigné six autres responsables dont la capture est devenue une priorité nationale. Parmi eux, Amadou Kouffa, une autre figure de proue du JNIM, dont la tête est mise à prix pour 2,2 millions d’euros. Les dirigeants du FLA, Alghabass Ag Intalla et Bilal Ag Cherif, sont également activement recherchés.

Le ministère de la Sécurité et de la Protection civile a précisé qu’une récompense financière sera octroyée à toute personne fournissant des informations « fiables, pertinentes et exploitables » permettant l’arrestation ou la neutralisation de ces individus. Ils sont accusés d’implication directe dans la planification et l’exécution d’actes terroristes ayant visé la sécurité nationale ainsi que les populations civiles.

Depuis 2012, le Mali s’enfonce dans une crise multidimensionnelle alimentée par les violences du JNIM, de l’organisation État islamique et de divers groupes armés, rendant le défi de la stabilisation du territoire plus complexe que jamais.

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