Mali : exactions attribuées aux FAMa et à Africa Corps en coopération avec des jihadistes

Une récente enquête met en lumière des actes graves imputés aux forces armées maliennes (FAMa), à leurs alliés russes d’Africa Corps et aux insurgés islamistes. Depuis le tournant militaire d’avril 2026, ces groupes se livrent à une escalade de violences qui frappe en priorité les civils. Au-delà des pertes humaines, le rapport dévoile une stratégie d’asphyxie économique plongeant les populations dans une précarité extrême.

L’engrenage de la violence après la chute de Kidal

Le printemps 2026 a marqué une rupture majeure au Mali. Le 25 avril, une action conjointe des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et des séparatistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) a conduit à la prise de Kidal et à la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara. Cette défaite a provoqué une riposte massive des autorités. Les FAMa, appuyées par les instructeurs russes d’Africa Corps, ont lancé une contre-offensive intense. Si les autorités gardent le silence sur le bilan humain, les données recueillies font état d’au moins 13 civils tués et 25 blessés lors des premiers affrontements à Gao et Kidal.

La guerre du carburant : l’économie comme cible

Sur le terrain, le Jnim a adopté une stratégie de terrorisme économique. Pour faire plier Bamako, ses réseaux cherchent à couper les lignes logistiques en imposant des blocus routiers. Les transports marchands sont les premières cibles : entre le 6 et le 21 mai, plus de 40 véhicules de transport civil se dirigeant vers la capitale ont été incendiés. Plus grave encore, le ciblage systématique des camions-citernes depuis septembre 2025 a causé des morts parmi les conducteurs et paralysé les réseaux de distribution. Cette étranglement prive de vastes zones d’électricité et de carburant, entraînant la fermeture d’écoles et la paralysie des marchés locaux.

L’oppression se manifeste aussi par des actes de terreur, comme l’exécution publique d’un habitant à Tonka, près de Tombouctou, pour dissuader toute résistance.

Les civils pris pour cibles par l’alliance Bamako-Moscou

Parallèlement, la riposte des FAMa et d’Africa Corps provoque de lourdes pertes civiles. Des opérations de sécurisation dans le centre du pays ciblent particulièrement les communautés peules, accusées à tort de sympathies insurrectionnelles. Rien qu’entre le 14 et le 17 mai, 38 civils ont été tués lors d’incursions au sol, dont 23 mineurs. À cela s’ajoutent des frappes de drones meurtrières : à Guimbé le 25 avril, un bombardement tue 12 enfants et adolescents ; à Téné le 17 mai, une frappe frappe une cérémonie de mariage, faisant 10 morts civils.

Justifications et absence de dialogue

Interrogé sur ses cibles et l’asphyxie des transports, le commandement du Jnim a répondu aux enquêteurs en affirmant que les civils visés refusaient de se soumettre à leurs décrets. De son côté, le ministère malien de la Justice n’a pas répondu aux demandes de clarification.

L’appel à une enquête internationale

Face à ces violations du droit international humanitaire, qui interdit les attaques non sélectives contre les non-combattants, l’impunité persiste. Une experte du Sahel souligne que ce manque de redevabilité alimente la tragédie malienne. Privé des mécanismes de surveillance de l’ancienne mission onusienne, le pays s’enfonce dans l’arbitraire. L’organisation exhorte l’Union africaine et les Nations unies à parrainer d’urgence une mission d’établissement des faits pour collecter des preuves en vue de futures poursuites pénales.

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