Le tournant d’Abidjan : 25 projets et 5,3 milliards de dollars qui rebattent les cartes du développement ivoirien

Une bascule stratégique amorcée aux portes ouvertes d’Abidjan

Le 21 septembre 2026, à Abidjan, le partenariat entre la Côte d’Ivoire et le Groupe de la Banque mondiale a franchi une étape que personne ne présente plus comme anodine. À l’ouverture de la toute première édition des Journées portes ouvertes du Groupe, un chiffre a été posé sur la table : 25 projets actifs, pour un engagement global de 5,3 milliards de dollars. Un rappel qui sonne désormais comme le point de départ d’une nouvelle séquence, plutôt que comme un simple bilan.

C’est Amadou Coulibaly, ministre de la Communication et porte-parole du Gouvernement, qui a porté la parole de l’exécutif. Il représentait Dr Souleymane Diarrassouba, ministre du Plan et du Développement et gouverneur du Groupe de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire.

Les deux journées, organisées les 21 et 22 septembre par le Groupe et le Gouvernement, se déroulent sous un intitulé qui fixe le cap : « Emplois et opportunités : bâtir ensemble pour une croissance inclusive ». Plusieurs membres du Gouvernement ont répondu présents à la cérémonie d’ouverture, aux côtés de Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice de division de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo.

Un portefeuille de 5,3 milliards de dollars déjà en mouvement

Durant deux jours, étudiants, jeunes diplômés et porteurs de projets viennent à la rencontre des équipes qui pilotent les initiatives financées par l’institution. Éducation, emploi, entrepreneuriat, infrastructures : les échanges s’organisent autour de ces quatre piliers, avec une constante qui revient dans chaque atelier, l’emploi. Le Plan national de développement 2026-2030 affiche en effet une ambition chiffrée : trois millions d’emplois à créer, en donnant la priorité aux jeunes et aux femmes.

Les financements du Groupe irriguent des domaines variés :

  • les infrastructures ;
  • l’agriculture ;
  • l’énergie ;
  • l’éducation ;
  • la santé ;
  • le développement du capital humain.

Les bras financiers du Groupe à l’œuvre

La Société financière internationale (SFI) a, pour sa part, injecté près de 2,7 milliards de dollars dans le pays sur les cinq dernières années. De son côté, l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) joue un rôle de stabilisateur : elle consolide la confiance des investisseurs, condition indispensable pour que les projets tiennent leurs promesses.

De 5,3 à plus de 17 milliards : le saut annoncé pour le PND 2026-2030

Il ne faut pas confondre ce portefeuille en cours d’exécution avec l’engagement pris pour les années à venir. Lors du Groupe consultatif consacré au financement du Plan national de développement 2026-2030, tenu à Abidjan les 8 et 9 juillet 2026, le Groupe de la Banque mondiale a annoncé mobiliser plus de 17 milliards de dollars. La répartition est claire : 10 milliards portés par la Banque mondiale, 5 milliards par la SFI et 2 milliards par la MIGA.

Autrement dit, l’échelle change du tout au tout. Le portefeuille présenté aux jeunes Abidjanais constitue la base opérationnelle sur laquelle viendra se greffer cette enveloppe nettement plus lourde.

Deux opérations financières qui marquent un avant et un après

Le partenariat s’est aussi signalé par des montages financiers sans précédent dans la sous-région. En décembre 2024, la Côte d’Ivoire a bouclé, avec l’appui du Groupe, une opération d’échange de dette contre des programmes de développement — la première du genre soutenue par l’institution. Elle portait sur près de 400 millions d’euros de dette commerciale, avec un double effet : alléger le profil de la dette et libérer des ressources orientées vers l’éducation.

L’année suivante, en 2025, le pays a signé le premier prêt souverain lié à la durabilité en Afrique de l’Ouest, d’un montant de 433,3 millions d’euros. Ce financement bénéficie d’une double garantie, celle de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et celle de la MIGA.

Vers un nouveau Cadre de partenariat-pays

Cette dynamique s’inscrit dans un dialogue qui ne s’est jamais interrompu. Le 10 septembre, Dr Souleymane Diarrassouba avait reçu à Abidjan Harold Tavares, administrateur du Groupe Afrique II au Conseil d’administration du Groupe de la Banque mondiale. Au menu des discussions : le portefeuille ivoirien et la préparation du prochain Cadre de partenariat-pays, qui devra s’aligner sur les priorités du Plan national de développement 2026-2030.

Un calendrier resserré, des montants qui changent d’échelle et une jeunesse invitée à s’asseoir directement face aux porteurs de projets : le tournant ne se joue plus seulement dans les salons feutrés, mais dans les allées des Journées portes ouvertes.

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