
Le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a adressé une lettre ouverte au président Félix Tshisekedi, le 30 juin 2026, dans laquelle il dresse un constat très critique de la gouvernance congolaise depuis 2019. Il pointe notamment la persistance de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), la mauvaise gestion de l’état de siège, les choix diplomatiques contestables, les lacunes dans la réforme du secteur de la sécurité, ainsi que les atteintes à la souveraineté nationale.
Denis Mukwege exhorte également le chef de l’État à préserver l’unité nationale, à renoncer à toute révision constitutionnelle, et à faire de la paix, de la justice et de la protection des populations les priorités absolues.
Non à la corruption et à l’impunité
Dans cette missive, Mukwege affirme qu’il n’y a « rien à célébrer » en ce jour anniversaire de l’indépendance du pays. Selon lui, la RDC traverse une crise profonde marquée par l’insécurité, les souffrances des citoyens et les menaces pesant sur l’intégrité territoriale.
Il revient sur plusieurs décisions prises depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi en 2019. Il critique la gestion de l’état de siège, la politique sécuritaire dans l’Est, ainsi que certaines orientations diplomatiques avec des partenaires régionaux et internationaux.
Le Prix Nobel déplore aussi l’absence de progrès dans la lutte contre l’impunité. Il regrette que les recommandations sur la justice transitionnelle et la création d’un tribunal pour juger les crimes graves en RDC n’aient pas été mises en œuvre.
Refus de la réforme constitutionnelle
L’ancien candidat à la présidentielle de 2023 s’inquiète des « risques pour la souveraineté nationale » et appelle le président à privilégier le rétablissement de la paix, la protection des civils, le renforcement de l’État de droit et l’amélioration de la gouvernance.
Denis Mukwege exhorte Félix Tshisekedi à ne pas lancer un processus de révision constitutionnelle et à saisir « cette dernière chance » pour remettre le pays sur la voie d’une sortie de crise durable.