Depuis la mi-septembre, le Mali est frappé par une flambée rapide de diphtérie, une maladie pourtant évitable. Cette résurgence met en lumière la fragilité du système de santé local, les pénuries persistantes de ressources et les obstacles croissants à l’accès humanitaire dans le pays.
Au début du mois de décembre, les chiffres officiels faisaient état de plus de 530 cas et d’une trentaine de décès. Cependant, les Nations Unies alertent sur une sous-déclaration massive, suggérant que l’ampleur réelle de l’épidémie est probablement bien plus grave.
Les régions de Mopti et Ségou, situées au centre du pays, ainsi que Tombouctou au nord-ouest, enregistrent les taux de mortalité les plus élevés. Ces zones sont déjà fortement impactées par l’insécurité, les restrictions de déplacement et l’effondrement des services publics. La propagation de la maladie y est accélérée par le manque de vaccins, un accès limité aux soins, les déplacements de populations et une instabilité chronique.
Réponse d’urgence et défis humanitaires
En réponse à cette situation critique, Tom Fletcher, le chef des secours d’urgence de l’ONU, a alloué un million de dollars provenant du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations unies (CERF). Ce financement vise à soutenir une intervention sanitaire immédiate, permettant à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de déployer des équipes médicales d’urgence, de fournir des antibiotiques et des antitoxines, de renforcer les mesures de prévention, la prise en charge des patients, le suivi des contacts et la sensibilisation des communautés.
Malgré cette mobilisation, l’aide humanitaire au Mali rencontre des difficultés majeures. Dans de vastes zones du centre et du nord du pays, les opérations sur le terrain ont été ralenties ces dernières semaines par les pénuries de carburant, les restrictions de mouvement et une insécurité grandissante. Les cliniques mobiles voient leur portée limitée, les chaînes d’approvisionnement sont fragilisées, et de nombreuses populations isolées restent privées d’accès aux soins essentiels.
La flambée de diphtérie s’inscrit ainsi dans un contexte de crise humanitaire plus vaste. Avec plus d’un quart de sa population nécessitant une assistance, le Mali révèle une fois de plus la vulnérabilité de ses infrastructures étatiques face à des défis sanitaires et sécuritaires complexes.