Le capitaine ibrahim traoré rejette la démocratie au Burkina Faso

le capitaine ibrahim traoré rejette la démocratie au Burkina Faso

Portrait du capitaine Ibrahim Traoré en tenue militaire beige et béret rouge

Dans une interview exclusive diffusée sur la télévision nationale, le capitaine Ibrahim Traoré, dirigeant de fait du Burkina Faso, a récemment exprimé son rejet catégorique de la démocratie. Selon ses propos, ce système politique serait incompatible avec les réalités locales et devrait être abandonné par la population.

Ce chef militaire, arrivé au pouvoir lors d’un coup d’État en 2022, a affirmé que la démocratie « tue » et que les Burkinabè devaient « l’oublier ». Il a justifié cette position en déclarant que la plupart des Africains ne souhaitaient pas ce modèle, tout en promettant une « approche alternative » propre au pays, sans pour autant en préciser les contours.

un virage autoritaire confirmé

Initialement, Traoré avait promis un retour à l’ordre constitutionnel d’ici juillet 2024. Pourtant, deux mois avant cette échéance, la junte a annoncé une prolongation de cinq ans de son mandat, remettant en cause cet engagement.

Cette décision s’inscrit dans la continuité des mesures prises depuis son arrivée : en janvier 2026, tous les partis politiques ont été interdits dans le cadre d’un projet de « reconstruction de l’État ». Une mesure justifiée par leur caractère, selon lui, diviseur et dangereux pour la stabilité nationale.

la Libye comme exemple controversé

Pour étayer ses propos, Traoré a cité la Libye comme un exemple proche de sa vision politique. Sous le régime de Mouammar Kadhafi, ce pays a connu quatre décennies de gouvernance autoritaire, marquée par des logements sociaux, une éducation et des soins gratuits. Cependant, après la chute du dictateur en 2011, la Libye a sombré dans le chaos politique et les violences interminables.

Le leader burkinabè a également critiqué les puissances occidentales, affirmant que leurs interventions démocratiques s’accompagnaient systématiquement de violences. Une rhétorique qui séduit une partie de l’opinion panafricaine.

une politique de rupture avec l’occident

Comme ses homologues du Mali et du Niger, Traoré a rompu les coopérations militaires avec la France et d’autres pays occidentaux dans la lutte contre les groupes jihadistes. Ces groupes mènent une insurrection dévastatrice dans la région depuis près de dix ans.

À la place, le Burkina Faso s’est tourné vers la Russie pour obtenir un soutien militaire. Malgré cette alliance, les violences persistent sans signe d’amélioration.

une répression accrue contre l’opposition

Depuis son accession au pouvoir, Traoré a durci sa politique répressive. Opposition, médias indépendants et société civile sont régulièrement ciblés. Des cas de détracteurs envoyés sur les lignes de front contre les groupes armés ont été signalés.

Un récent rapport de Human Rights Watch révèle que plus de 1 800 civils ont péri au Burkina Faso depuis 2023, dont deux tiers seraient imputables à l’armée et aux milices pro-gouvernementales. Le reste des violences est attribué aux groupes jihadistes.

Malgré ce bilan sombre, le capitaine Traoré bénéficie d’un soutien croissant sur le continent pour son discours souverainiste et son opposition farouche à l’influence occidentale.

Son projet politique repose sur trois piliers : la souveraineté nationale, le patriotisme et une mobilisation révolutionnaire des forces vives. Les chefs traditionnels et les structures locales devraient jouer un rôle central dans ce nouveau système, selon ses déclarations.

Il a par ailleurs insisté sur la nécessité d’une autonomie économique et militaire, estimant que des journées de travail de six à huit heures ne suffiraient pas à combler le retard du pays face aux nations plus prospères.

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