Le Bénin célèbre l’intégration de 28 Afro-descendants
La cérémonie officielle de remise des attestations de nationalité béninoise à des descendants d’Africains marque une avancée majeure dans la politique de mémoire et de réconciliation du pays.
Le gouvernement béninois a franchi une étape symbolique en décernant la nationalité à vingt-huit descendants d’Africains lors d’une cérémonie solennelle organisée au Complexe judiciaire de Cotonou. Cette initiative s’inscrit dans une volonté affirmée de réconcilier le pays avec son passé et de renforcer les liens avec sa diaspora dispersée à travers le monde.
Une cérémonie placée sous le signe de la mémoire et de l’espoir
Sous la présidence du Garde des Sceaux, Yvon Detchenou, et en présence de hautes autorités dont la ministre des Affaires étrangères Corinne Amori Brunet, la cérémonie a mis en lumière l’engagement du Bénin à réparer les blessures du passé. La ministre Rose-Marie Sossa a souligné le caractère historique de cette démarche en rappelant que cette date coïncidait avec la Journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains.
« Ces attestations ne sont pas de simples documents administratifs, mais le symbole d’une mémoire retrouvée, d’une résilience partagée et d’un avenir commun », a-t-elle déclaré devant un parterre de personnalités et de bénéficiaires émus.
Des droits étendus pour les nouveaux citoyens
L’obtention de la nationalité béninoise confère aux récipiendaires de nouveaux droits, notamment la participation à la vie civique et la transmission de la nationalité à leurs descendants. « Devenir Béninois, c’est s’engager envers ce pays, ses valeurs et ses institutions », a précisé la conseillère technique du ministre de la Justice.
Parmi les nouveaux citoyens, God Win Louis, originaire d’Haïti, a partagé son émotion : « Mes ancêtres viennent de Sakété et d’Allada. Depuis dix ans, je parcours le Bénin, et aujourd’hui, je me sens enfin pleinement Béninois. » Fresner Delva, venu des États-Unis, a quant à lui évoqué la portée historique de cette reconnaissance : « C’est une réparation, une justice rendue à notre histoire bafouée. »