Le Bénin poursuit sa marche vers l’autosuffisance alimentaire. La Banque islamique de développement (BID) a accordé un financement de 12,57 milliards de francs CFA destiné à la modernisation de l’agriculture du pays. Cette somme vise principalement à restaurer la fertilité des sols, un défi majeur face aux perturbations climatiques croissantes.
Ce partenariat dépasse le simple aspect financier. En faisant appel à la BID, Porto-Novo entend multiplier ses sources de financement et réduire sa dépendance envers les institutions de Bretton Woods et les marchés obligataires occidentaux, actuellement marqués par des taux d’intérêt élevés. Le modèle de finance islamique, fondé sur le partage des risques et des actifs tangibles, se révèle particulièrement approprié pour des projets d’infrastructure de longue durée.
D’un point de vue économique, cette décision est avant tout pragmatique. Améliorer la résilience des sols n’est plus un choix écologique secondaire, mais une condition essentielle pour préserver le produit intérieur brut (PIB). En renforçant la capacité des cultures à supporter sécheresses et inondations, le gouvernement béninois se prémunit contre d’éventuelles importations d’urgence coûteuses en devises. À long terme, cela participe à l’équilibre de la balance commerciale et à l’autonomie du pays.