Ce lundi, les députés examinent une proposition de loi visant à réformer le football professionnel. L’un des amendements prévoit qu’un match de Ligue 1 soit diffusé chaque week-end sur une chaîne accessible sans abonnement, une mesure à laquelle la Ligue de football professionnel (LFP) s’oppose fermement.
Un match de championnat de France bientôt offert à tous les téléspectateurs chaque semaine ? La question est au cœur des débats à l’Assemblée nationale ce lundi, avec l’examen de la proposition de loi (PPL) pour réformer le football hexagonal. Un amendement, révélé en mai dernier, prévoit d’obliger les diffuseurs à inclure un match par journée de Ligue 1 dans un lot destiné à une chaîne en clair.
« Un accès au plus grand nombre et une lutte contre le piratage »
Aujourd’hui, pour voir une rencontre de Ligue 1, il faut souscrire à Ligue1+ à partir de 15 euros mensuels. La plateforme revendique environ un million d’abonnés. Les députés à l’origine de l’amendement justifient leur démarche : « La multiplication des diffuseurs et des abonnements payants éloigne les spectateurs du sport et favorise le piratage. Pour garantir l’accès au plus grand nombre, il faudrait, à chaque commercialisation des droits télé, prévoir un lot pour un match gratuit par semaine. Diffuser une affiche de Ligue 1 en clair chaque week-end renforcerait indéniablement la visibilité du football français. » Cette idée s’inspire du rapport de la mission d’information sur les droits audiovisuels sportifs, menée en 2021 par le député Cédric Roussel.
L’économiste du sport Pierre Rondeau souligne le potentiel : « La LFP estimait il y a deux ans que 22 millions de Français s’intéressaient à la Ligue 1. Sur ce total, seul un million est abonné à Ligue1+. Il y a une énorme réserve de nouveaux spectateurs. Si on leur propose la gratuité, peut-être qu’un, deux ou quatre millions supplémentaires regarderaient les matchs à la télévision. »
La LFP n’est pas de cet avis. L’instance redoute qu’une telle mesure ne réduise la valeur des droits de diffusion, qui représentent plus de la moitié des recettes des clubs. Depuis l’annonce de cet amendement, le lobbying des dirigeants du football et des chaînes auprès des parlementaires s’est intensifié.
Le texte a déjà été adopté par le Sénat l’an dernier, puis en commission à l’Assemblée en mai, où cet amendement a été intégré. Après le vote dans l’hémicycle ce lundi, la PPL pourra encore être retouchée par la commission mixte paritaire prévue le 21 juillet. La proposition couvre un large éventail : lutte contre le piratage, renforcement du rôle des fédérations et du ministère des Sports dans la gouvernance des ligues professionnelles, encadrement de la redistribution des droits audiovisuels et plafonnement des rémunérations des dirigeants.