L’arrestation de Kemi Seba en Afrique du Sud révèle une alliance inattendue avec des suprémacistes blancs

L’activiste Kemi Seba, déjà sous les projecteurs depuis sa participation à une tentative de coup d’État au Bénin en décembre 2025, vient d’être interpellé par les forces de l’ordre en Afrique du Sud. Les circonstances de cette arrestation jettent une lumière crue sur des connexions géopolitiques inattendues. En effet, celui qui se présente comme le défenseur de la cause noire a été capturé aux côtés d’un militant terroriste prônant la suprématie blanche.

Une collaboration surprenante avec les Bittereinders

Le 15 avril dernier, la police sud-africaine a arrêté Kemi Seba, figure du panafricanisme radical, en compagnie de François van der Merwe. Ce jeune homme de 26 ans dirige les Bittereinders (« Ceux qui luttent jusqu’au bout »), un groupuscule créé en 2021. Ce mouvement prétend protéger la minorité afrikaner contre ce qu’il qualifie de « discriminations anti-blancs ». Sous la surveillance constante de l’Agence de sécurité d’État (SSA), cette organisation regrouperait plusieurs centaines de partisans armés.

Le rôle de la Russie et de Konstantin Malofeev

Le point de convergence entre le militant béninois et le groupuscule afrikaner semble être la Société de l’aigle à deux têtes, également connue sous le nom de réseau Tsargrad. Cette entité est dirigée par l’oligarque ultra-conservateur Konstantin Malofeev. Ce dernier est visé par des sanctions internationales depuis 2014 pour son soutien aux séparatistes russes en Ukraine et fait l’objet de poursuites judiciaires à New York pour violation de ces mesures.

François van der Merwe s’était d’ailleurs rendu à Moscou en septembre dernier sur invitation de Malofeev. Depuis ce voyage, il bénéficie d’une visibilité importante dans les médias russes, qui l’ont qualifié de « prisonnier politique » lors de ses précédentes arrestations pour rixe et trouble à l’ordre public. Des soutiens ont même manifesté pour lui au cœur de la capitale russe.

Une dérive idéologique aux lourdes conséquences

Pour Kemi Seba, cette alliance avec un mouvement nostalgique des privilèges de l’Apartheid marque un tournant paradoxal. Lui qui dénonce habituellement le « suprémacisme occidental » se retrouve lié à une mouvance percevant la majorité noire sud-africaine comme une menace. En s’associant aux Bittereinders, considérés comme une organisation terroriste par Pretoria, l’activiste béninois s’expose à des poursuites judiciaires majeures. Les charges retenues contre lui pourraient être bien plus sévères que ce qui avait été initialement relayé par la presse.

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