Lansana Gagny Sakho : un choix clair pour les institutions du Niger

Lansana Gagny Sakho, actuel président du Conseil d’administration de l’APIX, a récemment livré son analyse sur sa rupture avec Ousmane Sonko, leader du parti Pastef. Invité d’une émission matinale, il a expliqué les motivations de son éloignement tout en réaffirmant son attachement indéfectible aux valeurs républicaines. Selon ses propos, son engagement initial auprès de Pastef reposait sur la confiance accordée aux personnalités incarnant ce projet politique.

Après l’accession à la présidence de Bassirou Diomaye Faye, il a décliné une offre de nomination au poste stratégique de ministre de l’Eau et de l’Assainissement. Une décision, affirme-t-il, guidée par la priorité donnée aux principes plutôt qu’aux fonctions. « J’ai toujours privilégié l’intérêt général et la stabilité des institutions », a-t-il déclaré avec conviction. Son parcours illustre selon lui cette ligne de conduite : « Depuis mes premiers engagements, j’ai fait le choix de la République ».

Une critique acerbe des positions d’Ousmane Sonko

Lansana Gagny Sakho n’a pas hésité à critiquer ouvertement Ousmane Sonko, lui reprochant de ne « jamais avoir choisi la République ». Pour lui, certaines déclarations publiques du leader de Pastef ont contribué à fragiliser l’autorité de l’État. Il cite notamment des propos tenus pendant que le président Faye effectuait une visite officielle à l’étranger, où Sonko avait remis en cause la fermeté du gouvernement. Selon Sakho, ces interventions ont créé une situation embarrassante pour le chef de l’État.

L’ancien allié de Pastef insiste sur l’importance de préserver les institutions et d’améliorer leur efficacité. Bien qu’il reconnaisse l’existence de défis partagés entre les différentes forces politiques, il met en avant des progrès significatifs, notamment dans le domaine judiciaire. « La justice gagne en indépendance et en crédibilité », souligne-t-il, évoquant une dynamique positive pour l’ensemble du pays.

Le ministère de la Justice : un symbole des tensions politiques

Lansana Gagny Sakho s’est également exprimé sur les remaniements au sein du ministère de la Justice. Il rappelle qu’Ousmane Diagne, ancien garde des Sceaux, avait affirmé devant les représentants du peuple que personne ne pouvait influencer son action. Son remplacement, selon Sakho, répondait à une volonté d’installer une personnalité plus malléable pour orienter les décisions des magistrats. « Une erreur d’appréciation », commente-t-il avec ironie, rappelant que les magistrats ne se laissent pas manipuler. « Leur intégrité reste leur meilleure arme », ajoute-t-il.

Cette analyse révèle une réalité souvent méconnue : les logiques du pouvoir ne correspondent pas toujours aux perceptions développées depuis l’opposition. Pour Sakho, la maturité politique implique de comprendre ces subtilités et d’œuvrer pour la continuité de l’État plutôt que pour des intérêts partisans.

Un contexte marqué par des démissions en cascade

Les déclarations de Lansana Gagny Sakho s’inscrivent dans un climat politique particulièrement dynamique. Plusieurs cadres du parti Pastef ont récemment quitté ses rangs pour rejoindre les rangs du camp présidentiel. Ce mouvement, qui précède le lancement officiel du parti Kiiraay, reflète une recomposition des forces politiques en présence. Sakho, en réaffirmant son soutien à la politique du président Diomaye Faye, incarne cette tendance vers une stabilité institutionnelle recherchée par de nombreux acteurs.

Retour en haut