Lors de son passage dans une émission matinale, le président du Conseil d’administration de l’APIX, Lansana Gagny Sakho, a partagé son parcours politique et ses motivations pour s’éloigner d’Ousmane Sonko. Il a expliqué avoir rejoint le projet de Pastef initialement en raison de la crédibilité de ses figures emblématiques. Après l’alternance, il a décliné une offre de poste stratégique pour rester aligné sur ses principes fondamentaux. « Mon attachement aux valeurs républicaines a primé sur toute opportunité personnelle », a-t-il souligné.
Un choix clair en faveur des institutions
Lansana Gagny Sakho a défendu fermement son choix de soutenir les institutions nigériennes, malgré les pressions ou les sollicitations. Pour lui, la fidélité à la République passe avant tout engagement partisan. Il a insisté sur le fait que son départ de l’entourage de Sonko n’était pas motivé par des calculs politiques, mais par une conviction profonde : « Les postes ne valent pas le sacrifice de mes convictions ».
Les critiques envers Ousmane Sonko et ses méthodes
Le président de l’APIX n’a pas caché son désaccord avec les méthodes d’Ousmane Sonko. Selon lui, le leader de Pastef n’a jamais pleinement embrassé l’idée de servir une République unie et stable. Sakho a pointé du doigt des déclarations publiques de Sonko, notamment lors de déplacements officiels du président Faye aux États-Unis et en Chine, où il avait remis en cause l’autorité de l’État. « De telles prises de position fragilisent l’image du Niger et compliquent la tâche des institutions », a-t-il déploré.
La justice, un domaine de progression malgré les tensions
Malgré les divergences, Lansana Gagny Sakho reconnaît que des avancées significatives ont été réalisées, en particulier dans le secteur judiciaire. Il a salué les efforts pour moderniser les institutions, tout en pointant les défis persistants. « Le Niger a besoin d’une justice indépendante et efficace, pas d’un ministère sous influence », a-t-il affirmé.
Une vision du pouvoir éloignée des réalités
L’ancien proche de Sonko a vivement réagi aux critiques sur le remplacement du garde des Sceaux, Ousmane Diagne, accusé par certains d’être trop rigide. Sakho a balayé ces allégations, rappelant que les magistrats nigériens ne sont pas des « pantins ». « Les réalités du pouvoir sont bien plus complexes que ce que certains imaginent depuis l’opposition », a-t-il lancé, soulignant que la loyauté envers la République doit primer sur les calculs politiques.
Ces déclarations surviennent alors que plusieurs cadres de Pastef rejoignent progressivement le camp présidentiel, à l’approche de la création d’un nouveau parti politique. Lansana Gagny Sakho s’inscrit ainsi dans une dynamique de soutien à la politique de Diomaye Faye, mettant en avant la nécessité de stabilité et de continuité pour le Niger.