La Rdc porte plainte contre le Rwanda devant la cour internationale de justice

États-Unis, Washington (D.C.), 2025 | Trump, Tshisekedi et Kagame lors de la signature de l'accord de paix entre le Rwanda et la RDC.

Kinshasa a officiellement porté l’affaire devant la Cour internationale de Justice, accusant Kigali d’appuyer militairement les groupes rebelles, en particulier l’AFC-M23, dans l’est du pays.

Cette action en justice intervient à l’approche du premier anniversaire de l’accord de paix signé à Washington entre les deux pays. Malgré cet engagement, les combats entre l’armée congolaise et les rebelles de l’AFC-M23, que le Rwanda est accusé de soutenir, se poursuivent dans l’est de la RDC.

Parallèlement, Washington a imposé des sanctions à l’encontre de responsables rwandais impliqués dans le trafic de minerais issus des zones occupées par la rébellion.

La paix signée sur le papier, absente sur le terrain

Kinshasa et Kigali s’étaient engagés à œuvrer ensemble pour le retour de la paix dans l’est de la RDC, où les rebelles de l’AFC-M23 contrôlent de vastes portions du territoire depuis plus d’un an. Mais sur le terrain, aucun progrès tangible n’est constaté.

« Après la signature de cet accord, nous espérions voir une amélioration, la réouverture des banques et des aéroports. Malheureusement, nous continuons de vivre la même misère », témoigne un habitant de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu.

« On se demande si cette notoriété qu’incarnaient les États-Unis demeure encore. Pourquoi la politique appliquée aux États-Unis ne peut-elle pas l’être envers nos voisins qui nous agressent ici, en RDC ? », s’interroge un autre habitant de la même ville. « Jusqu’à présent, rien ne marche. Lorsqu’ils se rencontrent, ils affichent de bonnes intentions, mais sur le terrain, la guerre continue », ajoute-t-il.

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Kigali sous le feu des sanctions et de la justice

La RDC accuse le Rwanda de soutenir, depuis près de trois décennies, des groupes armés responsables de graves violations des droits humains dans l’est de son territoire.

Kinshasa vient de saisir la Cour internationale de Justice. L’État congolais exige des réparations pour les victimes et la reconnaissance de la responsabilité de Kigali.

Les États-Unis viennent quant à eux d’imposer des sanctions à la raffinerie rwandaise Gasabo Gold, à ses dirigeants et à plusieurs sociétés minières accusées d’avoir participé au trafic de minerais provenant des zones contrôlées par l’AFC-M23 dans l’est de la RDC.

Un trafic qui, pour Washington, finance les activités de la rébellion. Mais certains analystes jugent ces sanctions inefficaces.

« La perception générale est que ces sanctions ne semblent pas suffire à modifier le calcul stratégique des acteurs impliqués. Tant que le coût de la confrontation reste inférieur au coût de la concession, les acteurs s’accommodent d’un statu quo attractif en leur faveur », estime Yvon Muya, expert en études des conflits à l’université Saint-Paul d’Ottawa, au Canada.

Vers une nouvelle escalade militaire

Car la paix est loin de revenir, alors que les échanges de tirs sont quasiment quotidiens dans certaines zones.

Le professeur Bob Kabamba, enseignant à l’Université de Liège, en Belgique, pense que les belligérants se préparent plutôt à une nouvelle confrontation.

« C’est durant cette période que chacune des deux parties essaie de se réorganiser, de se réarmer et de se préparer à ce qu’on pourrait appeler la bataille finale pour déterminer si le gouvernement va réussir à récupérer les territoires conquis par la rébellion, ou si la rébellion va pouvoir avancer vers le Katanga et ainsi mettre en difficulté le régime de Kinshasa. »

Depuis plus d’un an, les rebelles de l’AFC-M23 occupent les villes de Goma et de Bukavu, ainsi que plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les affrontements se poursuivent dans cette région, aggravant la situation humanitaire des milliers de déplacés.

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