Un ancien président contesté
La présence de Macky Sall au Sénégal ce vendredi a ravivé les tensions au sein de la société. Les familles de victimes des violences politiques, ainsi que les organisations de la société civile, expriment leur indignation face à cette visite.
Salimaa Thiam incarne cette douleur persistante. Son fils, Ousmane Dia, a trouvé la mort lors des affrontements sous le mandat de Macky Sall. « Cette annonce rouvre une blessure qui n’a pas encore cicatrisé. Je n’ai pas fini de faire mon deuil, et le voir revenir ravive tout.«
Les propos de Salimaa reflètent l’opinion d’une partie de la population : « Nous ne voulons pas de lui ici. Il porte la responsabilité de nos souffrances. Sans ses actes, il serait accueilli comme n’importe quel autre citoyen.«
Mabinta Bibi Djiba, elle, a connu l’emprisonnement à deux reprises, en 2021 et 2024. Libérée sous contrôle judiciaire, elle critique l’actuel président, Diomaye Faye, pour son approche de la réconciliation. « Avant de parler de réconciliation, il faut d’abord établir les responsabilités.«
Une justice toujours en attente
Les victimes et leurs proches réclament une réponse judiciaire. Guy Marius Sagna, député du Pastef, dénonce une trahison de la part du président Diomaye Faye. Selon lui, non seulement les victimes n’ont pas obtenu justice, mais l’État semble désormais soutenir la candidature de Macky Sall à des fonctions internationales.
« Le président Diomaye Faye avait promis de ne jamais décevoir. Pourtant, il reçoit notre bourreau, celui qui a orchestré la torture, les assassinats politiques et les emprisonnements arbitraires.«
Un contexte politique explosif
Le Professeur Adama Sadio, politologue à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, analyse cette polémique comme un enjeu purement politique. « Les victimes sont souvent perçues comme des militants ou sympathisants du Pastef. Leurs revendications sont instrumentalisées pour fragiliser le pouvoir en place.«
Le collectif des victimes de Macky Sall considère cette visite, autorisée par le Palais de la République, comme une provocation envers toutes celles et ceux qui ont souffert de la répression en 2021 et 2024.