La CPI alerte sur les conséquences d’un retrait des États sahéliens
La présidente de l’Assemblée des États parties au Statut de Rome a exprimé, récemment, sa vive inquiétude quant à la décision du Burkina Faso, du Mali et du Niger de quitter la Cour pénale internationale (CPI). Selon elle, une telle démarche menace directement les avancées internationales en matière de lutte contre l’impunité, un pilier essentiel de la justice mondiale.
Une décision aux répercussions majeures
Dans une déclaration officielle, la présidente de l’AEP, Päivi Kaukoranta, a vivement regretté cette initiative, soulignant que le départ de ces trois nations pourrait fragiliser la coopération judiciaire internationale. Elle a rappelé que la CPI reste un acteur clé pour garantir l’accès à la justice pour les victimes de crimes les plus graves, appelant ainsi les trois pays à reconsidérer leur position et à maintenir leur engagement au sein du Statut de Rome.
Elle a également insisté sur l’existence de mécanismes internes permettant aux États membres d’exprimer leurs préoccupations, encourageant vivement le recours au dialogue plutôt qu’à une sortie unilatérale. Un retrait ne saurait, en effet, effacer les obligations juridiques contractées pendant la période d’adhésion au traité.
Un retrait annoncé par le Niger, effectif en 2027
Cette prise de position survient après la réception, par la CPI, de la notification officielle de retrait du Niger. Conformément aux dispositions du Statut de Rome, cette décision prendra effet le 18 juin 2027, marquant ainsi une étape cruciale dans les relations entre ces pays et la Cour.
Les motivations des pays de l’AES
En septembre 2025, les dirigeants de la Confédération des États du Sahel (AES), composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, avaient annoncé leur intention de quitter la CPI. Dans un communiqué commun, ils avaient critiqué l’incapacité de la Cour à poursuivre efficacement les responsables de crimes graves, dénonçant une justice perçue comme « sélective ».
Les trois pays ont également accusé la CPI de servir d’instrument de répression néocoloniale, lui reprochant son silence face à certains crimes tout en ciblant, selon eux, des acteurs extérieurs au « cercle de l’impunité internationale institutionnalisée ».