La Côte d’Ivoire intensifie la surveillance de la publicité sur le web

Modernisation et encadrement du secteur publicitaire en Côte d’Ivoire

Le secteur de la communication en Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans sa transformation. Les autorités nationales, par la voix du Conseil supérieur de la publicité (CSP), affichent une détermination claire : faire de la publicité un moteur de croissance économique tout en assainissant les pratiques numériques.

Les défis majeurs de la régulation digitale

L’essor fulgurant des technologies numériques impose de nouveaux paradigmes. Le président du CSP, Alassane Koné, a identifié trois freins principaux à une régulation optimale. D’abord, la vitesse de l’innovation technologique dépasse souvent les cadres législatifs classiques. Ensuite, la dimension transfrontalière des géants du web complique l’application des lois nationales. Enfin, le besoin de personnels spécialisés pour surveiller ces flux de contenus devient une priorité absolue.

Un cadre législatif renforcé pour les influenceurs

Pour contrer ces difficultés, la Côte d’Ivoire s’appuie sur la loi n°2022-979 adoptée fin 2022. Ce texte marque un tournant majeur : les influenceurs disposant d’une audience supérieure à 25 000 abonnés sont désormais soumis aux mêmes règles que la communication audiovisuelle traditionnelle. Cette surveillance est assurée par la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA).

Protection des consommateurs et sanctions prévues

La lutte contre les publicités mensongères reste au cœur des préoccupations. Tout annonceur a l’obligation de soumettre ses projets à la Commission de contrôle et de validation (CCV) du CSP avant toute diffusion. Alassane Koné a fermement rappelé que les manquements à ces règles ne resteront pas impunis.

Les sanctions encourues sont significatives :

  • Des amendes allant de 3 % à 5 % du chiffre d’affaires annuel.
  • Des poursuites pénales pouvant aboutir à des peines d’emprisonnement de deux mois.

Un marché au potentiel de croissance important

Actuellement, le marché publicitaire ivoirien pèse environ 30 milliards de francs CFA, ce qui représente moins de 1 % du Produit intérieur brut (PIB). Ce chiffre montre une marge de progression importante, surtout lorsqu’on le compare aux performances de certains pays de la sous-région dont les marchés sont pourtant moins matures.

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