Keiko Fujimori officialise le soutien du Pérou au plan marocain pour le Sahara

Keiko Fujimori officialise le soutien du Pérou au plan marocain pour le Sahara

  • La présidente élue du Pérou, Keiko Fujimori, confirme son appui à la résolution 2797 de l’ONU
  • Un revirement historique après des décennies de soutien ambigu ou au Polisario

Dès les premières semaines de son mandat, la présidente péruvienne Keiko Fujimori a fait de la politique étrangère l’une de ses priorités. Son élection, bien que contestée, lui a permis de tracer les grandes orientations de son gouvernement.

Parmi ces orientations figure une position claire sur l’intégrité territoriale du Maroc, une question devenue centrale après la visite de l’ambassadeur marocain au Pérou, Amine Chaoudri. Ce dernier a remis à Fujimori une lettre de félicitations signée par le roi Mohamed VI, soulignant l’importance des liens entre les deux pays.

Soutien au plan d’autonomie pour le Sahara

Lors de cette rencontre, Fujimori a réaffirmé le soutien de son gouvernement à l’intégrité territoriale du Maroc et à son plan d’autonomie pour la région du Sahara. Cette position s’aligne sur la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui considère cette initiative comme une base sérieuse pour une solution définitive au conflit.

Le monarque marocain a salué cette décision dans sa lettre, qualifiant les relations maroco-péruviennes de solides et fondées sur une amitié mutuelle. Il a également exprimé sa volonté de renforcer ce partenariat, en le transformant en une collaboration multilatérale bénéfique pour les deux pays.

Rupture avec l’ambiguïté antérieure

La position adoptée par Fujimori marque un virage significatif par rapport aux gouvernements péruviens précédents, souvent caractérisés par une ambiguïté persistante ou même un soutien au Polisario. Cette ambiguïté remonte au deuxième mandat de Fernando Beláunde Terry (1980-1985), qui avait reconnu la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en 1984.

Son successeur, Alan García, avait même établi des relations diplomatiques avec cette entité en 1987, avant que Alberto Fujimori, père de l’actuelle présidente, ne les suspende en 1996. Depuis, les gouvernements successifs ont maintenu une position floue, malgré des revirements ponctuels.

Nouveau rapprochement avec le Polisario

Le mandat de Pedro Castillo (2021-2022) avait vu un retour des relations diplomatiques avec le Polisario, avant que son ministre des Affaires étrangères ne rétablisse une position neutre. Cependant, Castillo avait lui-même annulé cette décision, avant d’être destitué pour tentative de coup d’État. Sa successeure, Dina Boluarte, avait conservé une position ambiguë, sans soutenir le plan d’autonomie marocain.

Avec l’arrivée de Fujimori, le Pérou revient à la position adoptée par son père en 1996, tout en allant plus loin en soutenant explicitement l’intégrité territoriale marocaine, la souveraineté sur le Sahara, et la résolution 2797 de l’ONU.

Offensive diplomatique du Maroc

Ce revirement s’inscrit dans le cadre d’une stratégie diplomatique intensive déployée par le Maroc en Amérique latine. Cette offensive, axée sur la coopération économique, culturelle et universitaire, a permis de consolider des relations étroites avec plusieurs pays de la région.

De nombreux États ayant reconnu la RASD ont depuis suspendu cette reconnaissance ou leurs relations diplomatiques, comme la Colombie, le Guatemala, le Paraguay ou encore le Panama. Le Maroc a ainsi renforcé son rôle de porte d’entrée vers l’Afrique, l’Europe et le monde arabe.

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