justice tchadienne : escroquerie et menaces de mort au cœur d’un procès à N’Djamena
À N’Djamena, un homme fait face à la justice pour avoir vendu un même terrain à plusieurs acheteurs, tout en étant accusé de menaces de mort. Le tribunal examine les chefs d’escroquerie et de détention illégale.
Le procès s’est tenu au tribunal de grande instance de N’Djamena lors d’une audience marathon de plus de quatre heures, centrée sur une affaire de vente frauduleuse.
Un individu, aujourd’hui sous les projecteurs, est poursuivi pour avoir cédé un même terrain à plusieurs personnes, en échange de sommes colossales oscillant entre 52 millions et près de 100 millions de francs CFA. Parallèlement, il est également visé par des accusations de menaces de mort, aggravant ainsi sa situation juridique.
Les débats ont été marqués par des échanges tendus entre les avocats de la défense et ceux des parties civiles. Ces derniers réclament non seulement le remboursement intégral des montants versés par leurs clients, mais aussi des indemnités pour préjudice subi. La défense, quant à elle, a dénoncé une garde à vue jugée illégale de plus de trois mois, infligée à leur client par les services de renseignement avant son transfert devant la justice.
Les avocats du prévenu ont catégoriquement rejeté les accusations d’escroquerie, affirmant que leur client agit au nom de ses frères et que le terrain en question ne fait l’objet d’aucun litige. Ils ont évoqué une manœuvre orchestrée par l’oncle paternel du prévenu, visant à s’approprier ce bien après le décès de son frère, poussant ainsi les acheteurs à exiger le remboursement de leurs fonds.
La partie civile a qualifiée les faits de vente frauduleuse, tandis que la défense a contesté cette qualification en invoquant l’absence de preuve de fraude dans la transaction. Le procureur, pour sa part, a insisté sur le caractère illégal de la perception de sommes importantes auprès de multiples victimes, ce qui constitue, selon lui, une infraction avérée. Il a demandé une amende de 500 000 francs CFA à l’encontre du prévenu.
Le tribunal, sous la pression des deux camps, a finalement décidé de renvoyer l’affaire pour délibération. En attendant le verdict, le prévenu reste détenu à la maison d’arrêt de Klessoum. Une précédente audience, tenue le 1er juin, avait déjà abouti au même report, prolongeant ainsi l’attente des parties impliquées.