Grand tortue ahmeyim : kosmos energy confirme la progression du projet gazier sénégalo-mauritanien

Le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), piloté par l’entreprise américaine Kosmos Energy, s’impose comme un enjeu majeur pour le Sénégal et la Mauritanie. L’opérateur texan a récemment partagé des mises à jour sur l’avancement de ce champ gazier transfrontalier, dont la première phase a basculé en production commerciale en début d’année. À Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a fait de la gestion transparente des ressources naturelles une priorité de son action politique.

Un chantier gazier stratégique pour le Sénégal et la Mauritanie

Fruit d’un accord historique entre les deux pays, le projet GTA s’étend sur une zone frontalière en mer. La répartition des bénéfices est équitable : 50 % pour le Sénégal et 50 % pour la Mauritanie, une approche inédite dans le secteur extractif en Afrique de l’Ouest. Kosmos Energy dirige les opérations avec bp, tandis que les compagnies nationales Petrosen et la Société mauritanienne des hydrocarbures (SMH) représentent les intérêts étatiques.

La première phase repose sur une unité flottante de liquéfaction (FLNG) conçue pour traiter le gaz avant son export. Avec une capacité initiale visée de 2,3 millions de tonnes de GNL par an, le projet affiche une progression constante vers son rythme optimal. Après une mise en service technique réussie en 2024, les premières cargaisons ont été expédiées vers les marchés internationaux.

Kosmos Energy sous pression des attentes sénégalaises

Depuis l’élection du tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko en 2024, le projet GTA fait l’objet d’une surveillance accrue. Le Premier ministre a clairement indiqué vouloir réévaluer les contrats pétroliers jugés trop avantageux pour les opérateurs privés. Cette volonté a temporairement semé le doute parmi les investisseurs étrangers, dont Kosmos Energy et bp.

La firme américaine a tenté d’apaiser les tensions en communiquant sur la stabilité des partenariats avec les deux États. Elle insiste sur le respect des échéances techniques et la poursuite des discussions pour les phases suivantes. Toutefois, des ajustements ont été apportés aux objectifs initiaux, certains analystes soulignant un écart entre les prévisions et les volumes réellement produits depuis le début de l’exploitation.

Pour le Sénégal, les retombées économiques de GTA sont cruciales. Une fois pleinement opérationnel, le projet devrait générer plusieurs centaines de milliards de francs CFA par an, alimentant notamment le Fonds intergénérationnel et le budget national. Une manne financière attendue pour financer des infrastructures et des services publics.

Vers une extension du projet et une souveraineté énergétique renforcée

L’attention se porte désormais sur la phase 2 de GTA, prévue pour porter la capacité à environ 3 millions de tonnes annuelles. Cependant, son lancement dépend d’un accord entre les partenaires industriels et les gouvernements. Kosmos Energy évoque des études en cours, sans préciser de calendrier définitif. Les fluctuations des prix du GNL sur le marché mondial et la stratégie de réduction de la dette de l’opérateur influencent également la décision.

Le Sénégal et la Mauritanie accordent une importance particulière au contenu local. Dakar souhaite voir une plus grande implication des entreprises locales dans la chaîne de valeur, de la maintenance industrielle aux services logistiques. Par ailleurs, Ousmane Sonko a évoqué l’idée d’utiliser une partie du gaz pour alimenter les centrales locales, réduisant ainsi la dépendance aux importations d’énergie et maîtrisant les coûts pour les consommateurs.

La marge de manœuvre des autorités reste toutefois limitée par les contrats en vigueur et la nécessité de maintenir l’attractivité du bassin sédimentaire MSGBC. Plusieurs blocs adjacents font encore l’objet d’explorations, et les décisions prises concernant Kosmos Energy et bp serviront de référence pour les futurs investisseurs. L’avenir énergétique du Sénégal se joue autant dans les infrastructures du projet GTA que dans les décisions politiques de Dakar.

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