Alors que plusieurs affaires de biens immobiliers de l’État dont les loyers seraient détournés par des particuliers animent le débat, Maître Axel Foumane Dounga, huissier de justice près les tribunaux de Libreville, suggère la mise en place d’un inventaire national du patrimoine public. Selon cet officier public ministériel, les huissiers de justice pourraient jouer un rôle clé dans cette opération de sécurisation des biens de l’État.
Une problématique de transparence
Maître Foumane estime que ces révélations, même si certaines nécessitent encore des vérifications, mettent en lumière une difficulté majeure : la méconnaissance du patrimoine étatique. « On ne peut administrer, protéger ou valoriser efficacement un patrimoine dont on ne dispose pas d’un inventaire fiable, actualisé et juridiquement sécurisé », explique-t-il. Il voit dans cette situation une opportunité pour engager une réforme structurelle de la gestion des biens publics.
Un outil de bonne gouvernance
L’inventaire national permettrait d’identifier chaque bien, de vérifier son statut juridique, son affectation, son occupation et les revenus qu’il génère. « Sans état des lieux précis, il devient difficile de détecter les occupations irrégulières, les détournements ou les pertes de recettes », précise l’huissier. Il s’agirait d’un outil essentiel pour améliorer la gouvernance et préserver les ressources de l’État au bénéfice de l’ensemble des Gabonais.
Le rôle des huissiers de justice
Selon Maître Foumane, les huissiers de justice sont des officiers publics ministériels investis d’une mission d’authentification. Leur impartialité et leur capacité à établir des procès-verbaux à valeur juridique en font des acteurs naturels pour cet inventaire. « Il ne s’agirait pas d’un simple recensement administratif, mais d’un inventaire opposable, sécurisé et exploitable devant toutes les juridictions », affirme-t-il.
Lutte contre la corruption
Pour l’huissier, maîtriser le patrimoine public est un levier majeur de prévention des détournements et des conflits d’intérêts. « Lorsqu’un patrimoine est parfaitement identifié et documenté, les possibilités d’appropriation irrégulière deviennent beaucoup plus limitées », souligne-t-il. Cet inventaire constituerait également un outil d’aide à la décision pour les pouvoirs publics, leur permettant de mieux valoriser les biens de l’État.
Appel aux autorités
Maître Foumane lance un appel au président de la République pour faire de cette opération une priorité nationale. « Nous traversons une période où les exigences de transparence et de responsabilité sont particulièrement fortes. Il me paraît essentiel que le Gabon se dote d’une cartographie exhaustive de son patrimoine public », conclut-il. Il insiste sur le fait que l’on ne protège efficacement que ce que l’on connaît parfaitement, et que cet inventaire serait un héritage précieux pour les générations futures.