La 43ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES), tenue à Libreville du 15 au 19 juin 2026, s’est conclue par un tournant stratégique : le Gabon, par la voix de son ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr Charles Edgard Mombo, accède à la présidence en exercice de l’institution pour un an. Cette responsabilité place le pays au cœur d’une dynamique de modernisation et de rayonnement de l’enseignement supérieur africain.
À l’issue des travaux, marqués par l’adoption de plusieurs recommandations et résolutions, le membre du gouvernement gabonais a réaffirmé la volonté du Gabon de faire de cette mandature une période d’actions concrètes et de résultats mesurables pour les universités, les enseignants-chercheurs, les chercheurs et les étudiants de l’espace CAMES.
« Cette année de présidence du Gabon sera une année de suivi rigoureux des décisions du Conseil des ministres, afin que chaque résolution adoptée se traduise par des résultats tangibles », a déclaré M. Mombo, en présentant les grandes orientations de son mandat.
Le Gabon compte notamment veiller à la mise en œuvre diligente des recommandations, promouvoir le renforcement de l’assurance qualité et de l’excellence académique dans les établissements, soutenir les initiatives visant à accroître la visibilité internationale de la recherche scientifique produite dans les États membres, et encourager la transformation numérique de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Cette vision s’inscrit dans la continuité du travail du Secrétariat général du CAMES dirigé par le Pr Souleymane Konaté. La 43ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres a entériné les propositions des experts réunis du 15 au 16 juin à Libreville, notamment une ambitieuse stratégie de redynamisation pour renforcer la place de l’espace CAMES dans le monde scientifique. Malgré son potentiel, cet espace ne représente aujourd’hui qu’environ 2 % de la production scientifique mondiale.
Parmi les pistes innovantes retenues figure la création d’une Académie virtuelle du CAMES, présentée comme un centre de services scientifiques et académiques. Cette plateforme numérique accompagnera les États et les institutions dans l’amélioration des performances universitaires, le partage des connaissances et le renforcement des capacités des chercheurs.
Le programme porté par le Gabon met aussi l’accent sur la solidarité entre États membres, la mobilité académique, la coopération scientifique, ainsi que la promotion de l’innovation, de l’entrepreneuriat universitaire et de l’employabilité des diplômés.
La ministre guinéenne de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Dr Diaka Sidibé, présidente sortante du Conseil des ministres du CAMES, dont le travail de gouvernance a été salué par ses pairs, a exprimé sa confiance dans la capacité du Gabon à poursuivre les réformes engagées.
La session de Libreville a également rendu hommage au président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, dont le soutien constant à l’enseignement supérieur et à l’intégration académique africaine a été unanimement salué.
Le Gabon hérite ainsi d’une mission stratégique : faire du CAMES un espace plus performant, innovant et compétitif, capable de relever les défis contemporains de la formation et de la recherche. Une ambition qui pourrait ouvrir une nouvelle ère pour l’enseignement supérieur africain.
L’instance suprême de gouvernance du CAMES a décidé que la 44ᵉ session ordinaire se tiendra en 2027 à Yaoundé, au Cameroun.