Gabon : Oligui Nguema engage la fin des inégalités territoriales

Libreville, 18 juin 2026 – Depuis des décennies, le Gabon, pays riche en ressources naturelles et à faible densité démographique, a vu se creuser des écarts majeurs entre ses centres urbains et ses territoires ruraux. L’accès aux infrastructures de base, aux soins, à l’éducation et aux opportunités économiques restait limité dans plusieurs provinces. C’est cette fracture que le président Brice Clotaire Oligui Nguema a décidé d’attaquer de front.

Devant le Parlement réuni en Congrès, le chef de l’État a réaffirmé sa volonté de rupture : « Aucune localité ne sera laissée en rade. » Derrière cette phrase se cache une vision plus large : celle d’un Gabon où la géographie ne détermine plus les chances de réussite, où chaque région participe à la prospérité nationale et où l’État redevient présent partout.

Réparer une fracture historique

L’enjeu est immense. Longtemps, les investissements publics se sont concentrés à Libreville et Port-Gentil, favorisant l’exode rural, les déséquilibres régionaux et un sentiment d’abandon dans l’intérieur du pays. Les conséquences vont au-delà du simple confort : sans routes praticables, hôpitaux fonctionnels ou écoles adaptées, le potentiel économique de nombreuses provinces reste paralysé.

Les économistes du développement considèrent que les inégalités territoriales sont l’un des principaux freins à la croissance durable en Afrique. Sans infrastructures, il devient difficile d’attirer les investissements, de valoriser les ressources locales ou de créer des emplois pérennes. La stratégie présidentielle s’inscrit dans cette logique : les chantiers à Cocobeach, Makokou, Oyem, Bifoun ou dans plusieurs quartiers de Libreville montrent une volonté de rééquilibrage territorial inédite dans l’histoire récente du pays.

Construire l’économie de proximité

Cette politique ne se mesure pas seulement en kilomètres de routes ou en nombre de bâtiments. Elle repose sur une conviction économique : le développement national ne peut plus être concentré autour de quelques centres. Chaque infrastructure est pensée comme un catalyseur : une route désenclave les producteurs agricoles, un hôpital améliore l’attractivité d’une ville, une université retient les talents locaux, un programme de logements stimule le bâtiment. Derrière chaque réalisation se cache une chaîne d’effets économiques transformateurs.

Cette approche rejoint les tendances internationales. Des pays comme le Maroc, le Rwanda ou le Sénégal ont montré qu’une politique active de développement territorial pouvait accélérer la croissance tout en réduisant les tensions sociales. Pour le Gabon, cela pourrait permettre l’émergence de nouveaux pôles économiques régionaux venant compléter le rôle historique de Libreville et Port-Gentil.

Un nouveau contrat entre l’État et les citoyens

Au-delà de l’économie, cette politique a une dimension profondément politique : restaurer le lien entre l’État et les populations. Les tournées présidentielles et les missions de suivi des projets ont remis les préoccupations locales au centre de l’action publique, rompant avec une gouvernance souvent perçue comme distante.

Mais le véritable défi commence maintenant. Les attentes sont immenses. Les populations jugeront cette ambition sur des résultats concrets : routes livrées à temps, hôpitaux opérationnels, écoles fonctionnelles, accès à l’eau et à l’électricité. C’est sur ce terrain que se jouera la crédibilité de la promesse présidentielle.

La formule « aucune localité ne sera laissée en rade » engage bien plus qu’un programme d’investissements. Elle engage une conception de la République, une République qui refuse que certains territoires restent à l’écart du progrès national. Si cette vision se traduit dans les faits, elle pourrait constituer l’une des transformations les plus profondes du Gabon nouveau. Car les nations les plus solides sont celles qui font de chaque territoire un acteur du destin collectif. Le véritable pari d’Oligui Nguema est là : transformer l’équité territoriale en moteur de cohésion nationale et de prospérité partagée.

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