La transformation profonde du Gabon ne saurait se limiter à de simples ajustements superficiels. C’est l’appel vibrant lancé par Yves Fernand Manfoumbi, figure expérimentée de l’administration et ancien ministre, dans une réflexion partagée le 15 juillet 2026. Pour ce technocrate avisé, l’heure est venue pour le pays d’abandonner une gestion réactive et d’adopter une véritable stratégie de long terme, une doctrine d’État.
En dressant un panorama sans concession de la trajectoire nationale, l’ancien haut fonctionnaire observe que les politiques publiques ont trop souvent été dictées par l’urgence. Il insiste : « aucun État ne devient puissant dans l’improvisation ». Pour illustrer la pertinence de cette approche, Yves Fernand Manfoumbi cite des exemples éloquents comme Singapour, la Corée du Sud, ou encore le Rwanda, des nations qui ont bâti leur succès sur une rigueur prospective et une planification méthodique.
Pourtant, le Gabon possède des atouts considérables pour réussir ce virage. Avec ses ressources naturelles généreuses, son patrimoine forestier unique et une jeunesse pleine d’énergie, le pays dispose de toutes les clés. L’enjeu réside désormais dans la méthode et la mise en œuvre de cette refondation du Gabon.
Une gouvernance axée sur les résultats et la transparence
Cette démarche vers une efficacité accrue repose, selon l’expert, sur trois fondations essentielles et interdépendantes. Premièrement, une planification d’une grande précision, où « chaque réforme doit poursuivre un objectif précis ». Deuxièmement, une systématisation de l’évaluation, car « une politique publique qui n’est pas mesurée finit toujours par coûter plus qu’elle ne rapporte ». Enfin, une anticipation proactive face aux défis planétaires majeurs, tels que l’avènement de l’intelligence artificielle ou les bouleversements climatiques. Pour Manfoumbi, la mission des dirigeants doit évoluer radicalement : « Gouverner, ce n’est pas annoncer ; c’est produire des résultats. »
Construire des institutions tournées vers l’avenir
Pour que la vision du chef de l’État se concrétise, cette exigence de rigueur doit imprégner chaque niveau de l’administration publique. Yves Fernand Manfoumbi conclut sa plaidoirie en rappelant une vérité fondamentale à l’ère de la mondialisation : « Le XXIᵉ siècle ne consacrera pas les nations les plus riches, mais celles qui gouvernent le mieux. » Pour relever ce défi historique, la planification stratégique et l’anticipation ne peuvent plus être considérées comme de simples options, mais doivent s’imposer comme les piliers inébranlables de l’action gouvernementale gabonaise.