Gabon : l’exigence de performance pour les projets financés par la banque africaine de développement

Le Gabon franchit une nouvelle étape dans la gestion de ses engagements financiers internationaux. Face aux lenteurs constatées dans l’exécution de plusieurs chantiers d’envergure, les autorités de Libreville affichent désormais une volonté ferme : transformer chaque franc emprunté en avancées concrètes pour la population.

Lors d’une séance de travail stratégique organisée dans la capitale, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, s’est entretenu avec une délégation de la Banque africaine de développement (BAD) menée par Mamour Ousmane Ba. L’objectif de cette rencontre était clair : évaluer l’état d’avancement des projets et exiger une accélération des travaux pour répondre aux attentes sociales et économiques.

Des chantiers prioritaires en quête de dynamisme

Deux dossiers majeurs cristallisent les attentions. Le premier concerne le Programme intégré pour l’alimentation en eau potable et l’assainissement de Libreville (PIAEPAL). Ce projet est vital pour sécuriser l’accès à l’eau dans les zones urbaines, où les pénuries restent un défi quotidien. Le second porte sur l’axe routier Ndendé-Doussala, un maillon essentiel pour l’intégration régionale et le commerce avec les pays limitrophes.

Malgré l’importance de ces infrastructures, leur progression suscite une impatience légitime. Pour l’exécutif gabonais, la période de tolérance vis-à-vis des retards injustifiés semble désormais révolue. L’accent est mis sur la culture du résultat et la reddition de comptes.

Une remise en question de la gouvernance des projets

Cette nouvelle rigueur ne se limite pas à une pression exercée sur les partenaires extérieurs. Hermann Immongault a souligné la nécessité d’une introspection administrative. Il s’agit d’identifier avec précision les goulots d’étranglement, qu’ils soient liés à la lourdeur des procédures internes, à un manque de coordination entre les services ou à des obstacles techniques.

En reconnaissant la part de responsabilité de l’administration dans ces dysfonctionnements, le gouvernement gabonais opte pour une approche pragmatique. L’idée est de fluidifier les processus de décision pour que les financements mobilisés ne restent pas bloqués dans les rouages bureaucratiques mais servent réellement au développement du pays.

Le défi de l’efficacité pour le Gabon

Pour la BAD, représentée par Mamour Ousmane Ba, l’institution reste un partenaire engagé, prête à aligner ses interventions sur les priorités nationales. Toutefois, la réussite de ce partenariat repose sur la capacité du Gabon à transformer les ressources disponibles en infrastructures opérationnelles.

Dans un environnement économique où l’accès aux capitaux est de plus en plus compétitif, la crédibilité d’un État se mesure à son efficacité sur le terrain. Le succès du PIAEPAL et de la route Ndendé-Doussala servira de test grandeur nature pour cette nouvelle méthode de gestion. Au-delà des chiffres, c’est l’amélioration durable des conditions de vie des Gabonais qui reste le seul véritable indicateur de réussite.

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