Gabon : le grand basculement qui met fin à l’hémorragie des salaires fantômes

Écouter cet article ⏱ ~3 min

Le Gabon vient de franchir un cap décisif dans la gestion de ses finances publiques. Dans une décision qui marque une rupture nette avec des décennies de laxisme, plus de 1 400 agents de l’État ont été officiellement écartés pour abandon de poste. Cette opération d’envergure, fruit d’un contrôle comptable et biométrique sans précédent ordonné par les autorités de transition, redessine les contours de l’administration gabonaise et enclenche un véritable tournant stratégique.

Un tournant budgétaire : plus de 11 milliards FCFA récupérés chaque année

Pendant trop longtemps, des individus percevaient leur salaire à la fin de chaque mois sans jamais franchir le seuil d’un bureau. Certains résidaient à l’étranger, d’autres cumulaient avec un emploi dans le privé, et d’autres encore avaient purement et simplement déserté leur poste.

En radiant ces 1 473 agents fantômes, l’État gabonais va économiser plus de 11 milliards de francs CFA (environ 16,7 millions d’euros) par an. Une manne financière que le gouvernement entend réinjecter dans des projets à fort impact social : rénovation des hôpitaux, construction d’écoles, et recrutement d’enseignants et de soignants qualifiés.

Des contrôles renforcés, mais des vérifications toujours en cours

Si la population salue majoritairement cette décision, excédée par des années de gaspillage des fonds publics, certaines organisations syndicales appellent à la prudence. Elles exigent des garanties pour éviter que des travailleurs réguliers ne soient écartés par erreur en raison d’un dysfonctionnement technique dans la base de données.

Le ministère a tenu à rassurer : les dossiers litigieux seront réexaminés au cas par cas. Toutefois, l’État prévient que les personnes ayant perçu des rémunérations sans exercer leurs fonctions pourraient faire l’objet de poursuites afin de rembourser les sommes indûment versées.

Vers une gouvernance assainie : les défis de l’après-radiation

Cette vaste opération traduit la détermination des autorités actuelles à remettre de l’ordre dans la gestion du pays. Mais l’éviction des absents ne saurait suffire. Le véritable enjeu réside dans la pérennisation de ces acquis : il faudra veiller à ce que ces mauvaises pratiques ne réapparaissent jamais et que chaque franc public soit désormais orienté vers le développement du Gabon.

Retour en haut