fraude maritime : un pétrolier fantôme usurpe le pavillon camerounais
Un navire-citerne suspect, le Tagor, a été intercepté au large de la Bretagne après avoir arboré illégalement le drapeau camerounais. Parti de Murmansk, ce pétrolier, en route vers le port de Limbe, a été contrôlé à 400 milles nautiques des côtes françaises avant d’être escorté vers la France.
L’opération s’inscrit dans le cadre de l’Article 110 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), qui autorise les États à vérifier la nationalité d’un navire en haute mer. Les autorités maritimes ont confirmé que le Tagor ne figurait dans aucun registre officiel des navires autorisés à battre pavillon camerounais.
Yaoundé dénonce une usurpation flagrante
Le ministre des Transports du Cameroun, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, a fermement condamné l’utilisation frauduleuse du pavillon national lors d’une déclaration diffusée sur les ondes. Il a affirmé que le Tagor « n’apparaît dans aucun registre officiel des navires camerounais autorisés à naviguer sous son pavillon ».
Le gouvernement camerounais a exigé des mesures « radicales » contre les auteurs de cette fraude et réaffirmé sa volonté de « moderniser et sécuriser » son registre maritime. Cette affaire illustre les risques d’infiltration de la flotte fantôme, ces navires utilisés pour contourner les sanctions internationales en matière d’exportation pétrolière.
la France multiplie les interpellations en mer
L’interception du Tagor s’ajoute à une série d’opérations menées par les autorités françaises depuis septembre 2025. Il s’agit de la quatrième interception de ce type en moins d’un an. Après vérification, l’affaire a été transmise au parquet de Brest, compétent en matière maritime.
Depuis le 2 juin, le pétrolier reste à l’ancre dans la baie de Douarnenez, dans le Finistère, dans l’attente d’une enquête judiciaire. Ces interventions répétées reflètent le renforcement des contrôles européens sur les circuits d’exportation de pétrole échappant aux sanctions internationales.