Lors de sa visite officielle à Cotonou le 5 août, une délégation canadienne dirigée par Anita Anand a officiellement acté une collaboration ambitieuse entre le Bénin et le Canada. Derrière les discours diplomatiques et les annonces d’investissements se cache une stratégie concrète : placer l’autonomisation des femmes et le développement du numérique au cœur des relations bilatérales.
Un financement concret de 11,5 millions de dollars canadiens
Environ 11,5 millions de dollars canadiens, soit 4,68 milliards de FCFA, ont été engagés pour soutenir des projets d’autonomisation économique des femmes, d’inclusion numérique et de renforcement de la résilience. Ces fonds ne se limitent pas à des déclarations d’intentions : ils financent des programmes concrets, allant de l’octroi de crédits aux entrepreneures à la formation professionnelle, en passant par des initiatives dans le secteur portuaire.
« L’égalité entre les femmes et les hommes ne doit plus être un simple idéal théorique, mais une réalité économique tangible », explique une représentante d’une association de femmes entrepreneures de Cotonou. « Grâce à ces financements, nous passons des promesses aux actions : accès aux marchés, microcrédits et formations adaptées font désormais partie du quotidien de nombreuses Béninoises. »
L’entrepreneuriat féminin, un moteur de croissance pour le Bénin
Le secteur informel, largement dominé par les femmes au Bénin, représente une part essentielle de l’économie nationale. En ciblant spécifiquement les entrepreneures, le partenariat Bénin-Canada vise à libérer un potentiel économique sous-exploité. Chaque investissement dans une femme entrepreneure a un effet multiplicateur : il soutient une famille, dynamise un quartier et stimule des chaînes d’approvisionnement locales.
« Investir dans une femme, c’est investir dans toute une communauté », confirme une bénéficiaire d’un programme d’appui. « Pour beaucoup d’entre nous, ces fonds représentent la différence entre survivre et prospérer. »
L’économie portuaire, un secteur clé pour l’inclusion
L’un des aspects marquants de cette coopération réside dans son ancrage dans l’économie portuaire, un secteur stratégique pour le Bénin. En associant l’autonomisation des femmes à la logistique et au commerce international, le partenariat évite de cantonner les femmes aux rôles traditionnels. Au contraire, il les positionne comme des actrices incontournables des circuits économiques qui stimulent le pays.
Cette approche innovante reflète une vision moderne de la croissance : une croissance inclusive, où les femmes ne sont plus des spectatrices, mais des actrices centrales du développement.