Fakaba sissoko critique le pouvoir malien lors de la fête de l’indépendance
Fakaba Sissoko interpelle le régime malien à l’occasion des célébrations de l’indépendance
À l’occasion de la fête nationale du Mali, célébrée chaque 22 septembre, le général Assimi Goïta, président de la transition, a adressé un discours télévisé le 21 septembre. Il y a salué les avancées économiques du pays, réaffirmé son engagement dans la lutte contre les groupes armés terroristes et insisté sur la nécessité de la réconciliation nationale.
Depuis son arrivée au pouvoir par un coup d’État en 2020, puis son maintien sans élections grâce au soutien du groupe paramilitaire russe Wagner (aujourd’hui intégré à l’Africa Corps), le général Goïta a également évoqué la souveraineté du Mali au sein de l’Alliance des États du Sahel, renforçant ainsi les liens avec des régimes similaires dans la région.
Des attentes populaires en décalage avec le discours officiel
Les opposants au régime, notamment ceux exilés, contestent vivement ce bilan. Parmi eux, l’universitaire et porte-parole de la Coalition des forces pour la République (CFR), dirigée par l’imam Dicko, se distingue par ses prises de position.
Dans une interview accordée à David Baché, Etienne Fakaba Sissoko a vivement réagi au discours du chef de la junte : « Je regrette que le général Goïta associe le 66e anniversaire de notre indépendance à un prétendu bilan de la transition. On peut aimer son pays, soutenir ses soldats et défendre sa souveraineté, tout en exigeant des comptes à ceux qui détiennent le pouvoir sans légitimité électorale. Les Maliens attendent des résultats tangibles : sécurité, emploi, accès à l’électricité, liberté et une perspective politique claire. »
Il a ajouté : « Le fait que le président n’ait pas évoqué le rôle de la Russie dans son discours est un aveu d’échec. Les Maliens constatent chaque jour les conséquences désastreuses de cette alliance. L’attaque de Dioura, il y a quelques jours, parle d’elle-même : plus d’une centaine de soldats tués et des dizaines capturés par les terroristes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à al-Qaïda. »
Un pays en crise profonde selon les opposants
Pour Fakaba Sissoko, la situation du Mali est alarmante : « Aujourd’hui, le Mali est un pays en deuil. Le délabrement de nos institutions, de notre économie et de notre sécurité a atteint un niveau sans précédent dans notre histoire. Je ne peux pas célébrer cette fête nationale dans ces conditions. La gouvernance actuelle ne rend pas honneur à notre nation. »
Les mouvements d’opposition en exil, comme la CFR, continuent de mobiliser pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une dérive autoritaire et une gestion calamiteuse du pays.


