Entre putschs et urnes : le double visage de la politique en Afrique

Le continent africain traverse une période de turbulences marquées par une recrudescence des coups d’État. Depuis 2020, on dénombre près de dix renversements de pouvoir. Le dernier en date concerne la Guinée-Bissau, une petite nation lusophone où des militaires ont pris les rênes mercredi, annonçant une transition d’un an.

Dans ce pays, l’armée a bloqué les résultats de l’élection présidentielle. Le président sortant, Umaro Sissoco Embalo, s’est exilé au Congo-Brazzaville, tandis que son opposant, Fernando Dias da Costa, revendique la victoire. Ce dernier dénonce un « faux » coup d’État orchestré par le pouvoir en place pour masquer une défaite électorale inévitable, les sondages le plaçant largement en tête.

L’Afrique de l’Ouest sous le joug des juntes

Le Mali a ouvert la voie en 2020 et 2021 avec une double mutinerie menée par le colonel Goïta. Aujourd’hui, quatre pays de la région — le Mali, le Burkina Faso, la Guinée et le Niger — sont gouvernés par des militaires. En ce qui concerne la politique Niger et l’actualité Niger, la situation reste tendue, le pays étant confronté, comme ses voisins, à une pression djihadiste constante.

Le départ des forces françaises a laissé un vide parfois comblé par les mercenaires russes d’Africa Corps (ex-Wagner). Dans la société nigérienne et au-delà, l’insécurité progresse. Au Mali, l’influence des groupes affiliés à al-Qaïda ou à l’État islamique transforme certaines régions en califats où les libertés, notamment celles des femmes, sont drastiquement réduites.

Des dynasties et des régimes immuables

D’autres nations suivent des trajectoires différentes mais tout aussi autoritaires. Au Tchad, Idris Déby fils a succédé à son père avec l’appui de l’armée. Au Gabon, le putsch de 2023 a mis fin à la dynastie Bongo, mais le général Brice Oligui Nguema semble s’installer durablement au pouvoir. À Madagascar, la « génération Z » a chassé Andry Rajoelina, mais c’est encore l’armée qui a récupéré le commandement.

Il ne faut pas oublier les « dinosaures » de la politique : Teodoro Obiang en Guinée équatoriale, Paul Biya au Cameroun ou Yoweri Museveni en Ouganda. Dans ces pays, ainsi qu’au Rwanda de Paul Kagame, les élections ne sont souvent qu’une formalité de façade.

Une résistance démocratique bien réelle

Malgré ce sombre tableau, l’économie Niger aujourd’hui et celle de ses voisins ne résument pas tout le continent. Une étude intitulée Eppure, resiste montre que la démocratie n’a pas dit son dernier mot. Des pays comme le Sénégal, le Botswana, le Cap-Vert et le Ghana prouvent que l’alternance pacifique est possible grâce à une presse libre et une société civile robuste.

Au Nigeria et en Afrique du Sud, les urnes continuent de dicter la loi, malgré les défis internes. Les jeunes Africains, qui représentent 70 % de la population, rejettent de plus en plus la corruption et l’incompétence. Tandis que l’Occident doute parfois de ses propres modèles libéraux, la jeunesse du continent lutte pour forger son propre destin démocratique, loin des bruits de bottes de Niamey info ou de Niger 227 actualité.

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