Douane béninoise démantèle un réseau de trafic d’explosifs en provenance du Togo

Une saisie record de 500 kg d’explosifs démantèle un réseau criminel transfrontalier

Une opération éclair menée par la Douane béninoise dans le nord du pays a permis de mettre au jour un trafic d’explosifs d’une ampleur inédite. Près d’une demi-tonne de matériel explosif en provenance du Togo a été interceptée, révélant l’ampleur des menaces pesant sur la sécurité régionale.

Un piège tendu sur l’axe Sonahoulou-Djougou

C’est au niveau du poste de contrôle d’Anoum, sur l’axe Sonahoulou-Djougou, qu’une équipe de douaniers aguerris a déjoué un trafic organisé. Sous la direction de l’Inspecteur Parfait Laurent Mekoun, les agents ont mené une fouille minutieuse d’un véhicule suspect. Derrière une cargaison de produits de consommation banals se cachait une véritable réserve d’explosifs, soigneusement dissimulée.

Malgré la fuite du conducteur dans la confusion de la nuit, les douaniers ont saisi 3 295 bâtons d’explosifs de forte puissance, répartis dans 10 sacs pour un poids total de 500 kg. L’origine de cette cargaison a été rapidement identifiée : elle provenait de Kétao, au Togo, et était destinée à Malanville, une zone frontalière stratégique du nord du Bénin.

Une enquête en cours pour démanteler le réseau

La destination de cet arsenal interroge au plus haut point. Malanville, située à proximité du Niger et de zones sous tension, représente un point de passage critique. Les autorités judiciaires ont immédiatement ouvert une enquête pour remonter la filière, identifier les commanditaires et démanteler ce réseau transfrontalier avant qu’il ne puisse frapper.

Une offensive générale contre la criminalité organisée

Cette interception s’inscrit dans une stratégie globale de lutte contre la fraude et le crime organisé, pilotée par le Directeur général des Douanes, le Colonel Raouf Malèhossou Aboudou. Depuis plusieurs semaines, les douaniers multiplient les opérations coup de poing sur l’ensemble du territoire national.

Dans le Borgou, 3 000 cartouches de chasse ont été saisies avant d’alimenter le marché noir. Au Couffo, ce sont 1 400 kg de médicaments frauduleux, dangereux pour la santé publique, qui ont été confisqués. À Hillacondji, plus de 5 574 téléphones Android ont été interceptés pour entrée illégale sur le territoire. Ces succès illustrent une nouvelle ère pour la Douane béninoise : plus offensive, mieux renseignée et résolument tournée vers la protection des frontières.

Un pilier de la sécurité nationale face aux menaces régionales

Dans un contexte marqué par l’instabilité au Sahel et la menace terroriste, les Douanes béninoises renforcent leur rôle de rempart sécuritaire. Elles ne se limitent plus à leur mission fiscale et deviennent un acteur clé de la défense du territoire, aux côtés des Forces armées et de la Police républicaine.

Cette transformation repose sur trois piliers : la modernisation des équipements, une collaboration étroite avec les populations locales pour le renseignement, et une présence accrue sur le terrain avec des patrouilles inopinées. « La protection de notre population et l’intégrité de notre territoire sont notre priorité absolue », rappelle le commandement des Douanes.

En interceptant ces 500 kg d’explosifs avant qu’ils ne causent des dommages irréparables, les douaniers de l’Atacora-Donga ont démontré l’efficacité de cette nouvelle approche. La vigilance reste plus que jamais de mise sur toutes les frontières du Bénin.

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