Le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé la création d’une nouvelle formation politique dédiée à fédérer les soutiens à son action gouvernementale. Cette initiative, dévoilée à l’issue d’un entretien de quatre heures avec 306 maires représentant toutes les régions du pays, s’inscrit dans une logique de consolidation des appuis institutionnels autour de sa présidence. Selon le communiqué de la Coalition Diomaye Président, cette démarche vise à structurer un ancrage solide dans le paysage politique sénégalais, alors que les rapports de force au sommet de l’État connaissent des mutations notables.
Pour concrétiser ce projet, le chef de l’État a confié à Aminata Touré, superviseure générale de la coalition, la mission de former un comité chargé d’élaborer les fondements organisationnels et réglementaires de ce futur parti. Le document précise que cette structure devra incarner une cohésion politique unifiée sous l’autorité du président, en prévision des prochains scrutins électoraux.
Lors de cette réunion, les élus locaux ont réitéré leur soutien au programme présidentiel, mettant en avant l’engagement de Bassirou Diomaye Faye en faveur d’une justice territoriale renforcée, plaçant les collectivités locales au cœur des politiques publiques.
Cette annonce survient dans un contexte de fracture politique majeure entre le président Faye et son ancien partenaire, Ousmane Sonko. Ce dernier, qui a quitté ses fonctions de Premier ministre en mai 2026, occupe désormais la présidence de l’Assemblée nationale où son groupe détient une majorité influente.
Les désaccords entre les deux figures se sont intensifiés à la suite de l’adoption, par les députés, d’une réforme constitutionnelle le 29 juin. Ce texte prévoit notamment l’interdiction pour le président de diriger un parti politique simultanément, la transformation du Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle, ainsi qu’un élargissement des pouvoirs du Parlement.
Les divergences portent désormais sur la méthode d’adoption définitive de cette réforme. Ousmane Sonko défend une promulgation directe par le président, s’appuyant sur des précédents juridiques, tandis que Bassirou Diomaye Faye privilégie l’organisation d’un référendum pour permettre aux citoyens de trancher directement. La date de ce scrutin n’a pas encore été fixée.