Denis Mukwege salue la saisine de la CIJ par la RDC et exhorte la CPI à agir

Denis Mukwege

Le prix Nobel de la paix 2018 et ancien candidat à la présidentielle, Denis Mukwege, a exprimé son soutien à la démarche engagée par la République démocratique du Congo contre le Rwanda devant la Cour internationale de justice (CIJ). Dans un message posté sur X le dimanche 28 juin 2026, il indique que cette action en justice représente un pas décisif vers la quête de vérité et de justice pour les populations affectées par les violences dans l’Est de la RDC.

Mukwege a félicité les autorités de Kinshasa pour ce recours judiciaire qui dénonce les violations présumées du droit international attribuées au Rwanda.

« Nous saluons le dépôt de la requête soumise à la Cour internationale de justice par le ministre de la Justice et garde des Sceaux de la RDC, dénonçant les violations du droit international et des droits humains commises par le Rwanda, directement ou par l’intermédiaire des groupes armés sous son contrôle (AFDL, RCD, CNDP, M23/AFC) en RDC de 1996 à nos jours », a-t-il écrit.

Tout en appuyant cette procédure devant la plus haute instance judiciaire de l’ONU compétente pour les litiges entre États, Denis Mukwege juge nécessaire d’actionner d’autres leviers judiciaires pour déterminer les responsabilités individuelles des auteurs présumés de crimes internationaux.

« En complément de cette procédure devant la CIJ, nous exhortons la Cour pénale internationale à poursuivre ses enquêtes et ses poursuites pour établir la responsabilité pénale individuelle des auteurs présumés des crimes relevant du Statut de Rome, en mettant l’accent sur la responsabilité des chaînes de commandement militaire et politique », a plaidé Denis Mukwege.

L’ancien candidat à la magistrature suprême appelle aussi les États à recourir au principe de compétence universelle pour poursuivre les suspects de crimes internationaux. Par ailleurs, il invite le gouvernement congolais à déployer une stratégie nationale de justice transitionnelle.

« Enfin, nous appelons les États à exercer le principe de compétence universelle et le gouvernement congolais à mettre en place une stratégie nationale de justice transitionnelle, y compris la création d’un Tribunal pénal spécial pour le Congo tel que recommandé par le Rapport Mapping des Nations unies », a poursuivi l’ancien candidat à la présidence.

Pour le prix Nobel de la paix, la poursuite de la justice reste un outil essentiel pour éviter de nouveaux affrontements et construire une paix durable en RDC.

« Il est urgent d’établir les liens étroits entre la prévention des conflits, la justice transitionnelle et la consolidation de la paix », a-t-il soutenu.

Le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, qui a déposé la requête devant la CIJ à La Haye, a indiqué que la RDC place toute sa confiance en cette juridiction et réaffirme sa volonté de faire triompher le droit sur la force, d’obtenir justice pour les victimes des crimes sur son sol et de contribuer à une paix juste, durable et fondée sur la responsabilisation.

Depuis le réveil de l’AFC/M23 et l’escalade de l’agression rwandaise dans l’Est de la RDC, les autorités congolaises affirment que leur réponse ne se limitera pas aux dimensions militaire et diplomatique. À plusieurs reprises, le président Félix Tshisekedi a exhorté le gouvernement à intensifier le front judiciaire international pour obtenir réparation des préjudices, poursuivre les présumés auteurs de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, et documenter méthodiquement le pillage des ressources naturelles congolaises.

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