Dédouanement sino-congolais : quand les chantiers de la RDC s’enlisent

Les immenses projets d’infrastructures financés par le Programme Sino-Congolais en République Démocratique du Congo (RDC) sont aujourd’hui ralentis par un obstacle inattendu : le dédouanement des matériaux et équipements. Malgré les efforts conjugués des acteurs techniques, financiers et institutionnels, ces retards menacent la concrétisation des chantiers sur le terrain.

Des retards coûteux pour les infrastructures routières

Le Directeur Général de l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT), Nico Nzau Nzau, a alerté le Ministre des Infrastructures, John Banza, lors d’une réunion de suivi mardi dernier. Sans la livraison de bitume bloqué depuis plus de six mois au port de Matadi, les travaux de revêtement des routes, pourtant en bonne voie, risquent de s’arrêter. Ce matériau, pourtant exonéré de taxes grâce à la Loi n°14/005 du 11 février 2014 et à l’Avenant n°5 à la Convention de Collaboration de 2024, n’a toujours pas été libéré.

Les conséquences sont immédiates : les Rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, ainsi que la route Manterne – Tshela – Singini, voient leurs avancées ralenties. Sans intervention urgente, ces projets pourraient subir des retards irréversibles, aggravés par l’arrivée prochaine de la saison sèche.

Des équipements et matériaux immobilisés depuis des mois

Les blocages ne concernent pas seulement le bitume. Près de 1 477 tonnes de ce matériau, destinées à plusieurs tronçons routiers, sont toujours bloquées à Matadi depuis janvier 2026. À cela s’ajoutent 1 650 tonnes supplémentaires pour la réhabilitation de la RN1 (Mbujimayi – Nguba), ainsi que des équipements lourds, des pièces de rechange et des matériaux pour la centrale à béton du Stade d’Idiofa.

Ces immobilisations paralysent non seulement les chantiers sino-congolais, mais aussi l’ensemble des projets prioritaires du gouvernement. Parmi eux, l’Hôpital Général de Référence de Kikwit, dont la construction de 17 nouveaux bâtiments et la modernisation de 11 autres ont permis de porter la capacité d’accueil de 150 à 650 lits. Une avancée saluée par la population, mais aujourd’hui menacée.

L’APCSC au cœur des solutions

Pour éviter un ralentissement majeur, voire un arrêt total des travaux, l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions (APCSC) doit jouer un rôle central. Cette structure, interface entre les parties prenantes, est spécifiquement chargée du dédouanement des projets inclus dans le Programme Sino-Congolais. Pourtant, de nombreuses demandes de prise en charge des fiscalités indirectes restent sans réponse depuis des mois.

La caravane d’inspection lancée par le Ministre John Banza dans le Grand Bandundu a permis de constater les avancées sur certains chantiers, comme l’hôpital de Kikwit. Cependant, ces progrès risquent d’être annulés si les blocages persistent. Le Ministre a souligné que ces retards constituent désormais un frein au développement du pays.

Un appel à l’action pour éviter une crise infrastructurelle

Avec l’arrivée de la saison sèche, habituellement propice à l’accélération des chantiers, les retards actuels risquent de compromettre les objectifs de livraison fixés par le gouvernement. Sans une résolution rapide des problèmes de dédouanement, c’est toute la population qui subira les conséquences : des infrastructures modernes en retard, voire inexistantes.

Il est impératif que l’APCSC, en collaboration avec les douanes et les entreprises concernées, trouve une solution durable. Sans cela, des projets comme les Rocades de Kinshasa, la route Kananga – Kalamba Mbuji, ou encore le Stade d’Idiofa pourraient voir leurs calendriers décalés, privant la RDC de ses infrastructures indispensables.

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