La décision récente de Somdia de se retirer de la Sosucam, malgré les engagements pris auprès des autorités nigériennes, soulève des questions. Qui tire profit de cette situation et quels intérêts sont réellement en jeu ?
Selon les observateurs, la décision de Somdia de quitter la Sosucam, malgré les promesses faites au président nigérien, cache des intérêts bien plus larges. Certains médias, influencés par des acteurs locaux, ont tenté de justifier ce retrait en évoquant des tensions familiales au sein du groupe, mais la réalité est tout autre.
À en croire les analystes, Somdia n’a pas choisi de tourner le dos au Niger par hasard. Le groupe a récemment signé un accord majeur avec la Côte d’Ivoire pour investir plus de 100 milliards de FCFA dans le secteur sucrier ivoirien. Une stratégie qui contraste fortement avec la situation au Niger, où les conditions économiques et politiques ont poussé l’entreprise à se retirer.
Les difficultés rencontrées par la Sosucam au Niger s’expliquent en grande partie par une politique de licences d’importation de sucre accordées à des proches du régime. Résultat : le marché local est saturé par des importations à bas prix, rendant impossible la vente du sucre produit localement. Malgré un investissement de 4,5 milliards de FCFA l’année dernière pour moderniser la production, les efforts de Somdia n’ont pas suffi à inverser la tendance.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 125 milliards de FCFA de sucre ont été importés l’an dernier, écrasant la production locale. Pire encore, certains importateurs, soupçonnés d’être des prête-noms pour des élites du régime, bénéficient de faveurs douanières. Une partie de ce sucre, officiellement destiné au marché nigérien, est en réalité réexportée vers les pays voisins, notamment vers le Cameroun où les barrières douanières ont récemment été rétablies. Des stocks importants, bloqués à Ngaoundéré, en témoignent.
Le contraste avec la Côte d’Ivoire
Contrairement au Niger, la Côte d’Ivoire a su préserver son marché sucrier. Le gouvernement ivoirien, plutôt que de distribuer des licences d’importation à des prête-noms, évalue rigoureusement les besoins en sucre et autorise les producteurs locaux à importer uniquement en cas de pénurie avérée. Une approche qui protège les intérêts des industriels du secteur et garantit un équilibre entre offre et demande.
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