crise humanitaire à Bamako après destruction du marché de Faladiè
La capitale malienne, Bamako, traverse une situation critique depuis la destruction du marché à bétail de Faladiè, un site qui abritait également un camp de déplacés internes. Plus de 300 familles se retrouvent sans abri, laissant plus de 2 000 personnes, majoritairement des femmes et des enfants, dans une précarité absolue.
Une opération controversée aux conséquences dramatiques
Cette démolition, réalisée par des bulldozers, s’inscrit dans une mesure prise en septembre 2024 par les autorités maliennes. À l’époque, ces dernières avaient décidé de déplacer plusieurs marchés à bétail jugés suspects d’abriter des combattants djihadistes après les attaques du Jnim visant des sites militaires sensibles de la capitale. Mais le marché de Faladiè, aussi appelé garbal, accueillait un camp de déplacés internes, principalement originaires du centre du pays.
Parmi les sinistrés, Dado, une mère de famille originaire du cercle de Bankass, raconte son parcours : « Nous avons quitté notre village il y a six ans à cause de la guerre. Nous pensions être en sécurité ici, à Bamako. »
Des familles livrées à elles-mêmes
Le camp de déplacés, établi en 2019, bénéficiait jusqu’alors du soutien d’organisations humanitaires et des autorités locales. Pourtant, aujourd’hui, les familles survivent dans un paysage dévasté, privées de nourriture, d’eau et de soins. « Avant, nous ramassions des déchets pour les revendre aux éleveurs. Maintenant, nous manquons de tout. Le plus urgent, c’est trouver un toit », explique un déplacé.
Officiellement, les autorités prévoient de relocaliser les déplacés vers Sanankoroba, à 35 km de Bamako. Cependant, le site aménagé par l’État est jugé « non fonctionnel » par de nombreux acteurs locaux. « On nous demande de partir, mais où aller ? Nous n’avons pas d’autre choix », témoigne Dado, qui supplie les autorités de trouver une solution d’hébergement urgente.
Une situation humanitaire qui s’aggrave
La Direction nationale du développement social, contactée pour se prononcer, a répondu qu’il était « trop tôt » pour évaluer la situation. Cette crise illustre les défis humanitaires croissants au Mali, où des milliers de personnes déplacées internes luttent quotidiennement pour leur survie.
La destruction du garbal de Faladiè laisse ainsi des centaines de familles dans l’incertitude, sans assistance immédiate ni solution de relogement viable.