Crise diplomatique entre le Nigeria et l’AES : les déclarations de Tinubu en cause

Les relations entre le Nigeria et les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) se dégradent à nouveau. Les propos tenus par le président nigérian Bola Ahmed Tinubu lors d’une réunion avec des chefs traditionnels le 30 juillet ont provoqué une vive réaction à Bamako, Niamey et Ouagadougou.
En attribuant une partie de la recrudescence de l’insécurité et des enlèvements dans le nord du Nigeria à des groupes terroristes originaires des pays voisins, le chef de l’État nigérian a suscité l’ire des dirigeants de l’AES. Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a réagi dès le 7 août en publiant un communiqué rappelant que le terrorisme constitue une menace partagée par tous. « Le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Nigeria sont unis face à un même ennemi », peut-on y lire, avant d’exprimer le regret des pays de l’AES concernant les déclarations de Tinubu.
L’AES rejette les accusations et pointe du doigt les vrais responsables
Le même jour, les représentants des trois États de l’AES réunis à Ouagadougou ont convoqué le chargé d’affaires nigérian pour lui signifier leur mécontentement. Selon eux, les propos du président nigérian minimisent les efforts colossaux déployés par leurs armées dans la lutte antiterroriste. « Nous ne sommes pas à l’origine de nos problèmes. Les vrais responsables se trouvent ailleurs », a déclaré le chef de la diplomatie burkinabè, mettant en lumière la coopération régionale mise en place pour endiguer la menace.
Cette crise diplomatique survient dans un contexte où la sécurité se détériore rapidement dans le nord-ouest du Nigeria, en particulier le long de la frontière avec le Niger. Les tensions entre Abuja et ses voisins avaient déjà atteint un pic en 2023, après le renversement du président nigérien Mohamed Bazoum.