
Le parti Pastef traverse une période de turbulences sans précédent. Des figures historiques et des responsables de premier plan ont récemment tourné le dos à Ousmane Sonko, révélant une fracture profonde au sommet de l’État sénégalais.
Ce qui semblait n’être que des départs isolés il y a encore quelques semaines s’est transformé en un véritable exode. Cadres expérimentés, jeunes militants et responsables d’agences publiques : la liste des démissionnaires du Pastef s’allonge chaque jour. Une tendance qui ne doit rien au hasard et qui reflète une réalité politique explosive.
L’origine de cette crise remonte à plusieurs mois, mais elle s’est cristallisée en mai 2026 avec le limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature. Une décision qui a marqué un tournant dans la relation entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le leader du parti. Si Sonko a conservé sa présidence à l’Assemblée nationale, Faye a, quant à lui, renforcé son emprise sur les leviers de l’État. Le duo, autrefois présenté comme l’incarnation de l’alternance politique, est aujourd’hui divisé par des divergences irréconciliables.
Un ministre démissionne, révélant les tensions
Parmi les signaux les plus marquants de cette rupture figure la démission, début juin, de Moussa Bala Fofana, ministre de l’Urbanisme depuis trois mandats. Son départ a été précipité par des critiques publiques d’Ousmane Sonko, qui reprochait à certains membres du gouvernement de ne pas suivre les directives du parti. Fofana a nié avoir agi sur ordre du chef de l’État, tout en réaffirmant son respect pour son ancien mentor.
La création d’un parti présidentiel : le coup de grâce
Le 3 juillet, Bassirou Diomaye Faye a annoncé la naissance d’un nouveau parti unifié, porté par la coalition « Diomaye Président ». Une initiative qui a achevé de convaincre les observateurs de l’existence d’une rupture définitive entre la Présidence et le Pastef, parti fondateur de l’alternance.
Sur le terrain, les soutiens du chef de l’État s’activent pour structurer cette nouvelle formation, tandis que les partisans d’Ousmane Sonko voient leurs rangs s’éclaircir chaque jour. La politique sénégalaise entre ainsi dans une phase de recomposition, où les alliances d’hier ne garantissent plus l’avenir.