Le Maroc franchit une étape décisive dans sa stratégie de résilience face au changement climatique. En collaboration avec la délégation de l’Union européenne (UE) ainsi que les représentations diplomatiques d’Allemagne, d’Italie et de France, le Royaume a lancé un vaste programme de financement s’élevant à 3,7 milliards de dirhams, soit environ 402,2 millions de dollars. Ce fonds est spécifiquement alloué au déploiement de la Politique nationale de l’eau (PNE).
Un levier pour la gouvernance des ressources hydriques
Cette initiative d’envergure vise à soutenir les efforts structurels du Maroc pour moderniser la gestion de son patrimoine bleu. Le programme s’articule autour de trois axes fondamentaux : l’amélioration de la connaissance des ressources disponibles, l’optimisation de la réponse face aux événements climatiques extrêmes et la montée en compétences des institutions du secteur. Au-delà du volet financier, ce partenariat prévoit une assistance technique poussée et un partage d’expertise entre les entités marocaines et européennes.
Sur le plan financier, l’enveloppe globale se compose d’un don de l’Union européenne à hauteur de 514,4 millions de dirhams. Le reste du financement, soit 3,2 milliards de dirhams, est assuré par des prêts contractés auprès de diverses institutions financières européennes.
Répondre à l’urgence du stress hydrique
Le Maroc traverse actuellement une période de stress hydrique critique. Cette situation est exacerbée par une hausse constante de la demande, mais surtout par une série noire de sept années consécutives de sécheresse et un manque chronique de précipitations. Face à ce constat, le Royaume multiplie les chantiers stratégiques pour garantir l’approvisionnement des populations et de l’économie.
Parmi les solutions déployées figurent :
- La multiplication des barrages sur l’ensemble du territoire ;
- Le développement d’autoroutes de l’eau via des interconnexions hydrauliques ;
- Le traitement et la réutilisation des eaux usées ;
- La promotion de technologies d’économie d’eau pour l’irrigation et la consommation domestique.
Le dessalement, pilier de la souveraineté future
Pour pérenniser sa sécurité hydrique, le Maroc mise massivement sur le dessalement de l’eau de mer. Cette technologie est devenue un pilier central de la stratégie nationale. L’objectif est ambitieux : couvrir plus de 50 % des besoins en eau potable du pays à l’horizon 2030. Cette transition permettra également d’irriguer de vastes périmètres agricoles, assurant ainsi la souveraineté alimentaire du Royaume face aux aléas du climat.