Conseil international des infirmières : un appel urgent pour rémunérer les soignants dans la lutte contre Ebola en RDC

Le Conseil international des infirmières (CII) a lancé un appel pressant aux autorités de la République démocratique du Congo pour que les soignants engagés dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola soient enfin rémunérés et protégés. Cette requête intervient alors que le pays fait face à sa 17e épidémie d’Ebola, déclarée en mai dernier, dans un contexte de précarité sanitaire extrême.
Les structures de santé congolaises, parmi les moins dotées au monde, peinent à contenir la propagation du virus. « Sans rémunération, impossible de mener une lutte efficace contre Ebola », a averti Howard Catton, directeur général du CII, lors d’une déclaration officielle. Ce réseau représente plus de 30 millions d’infirmières et infirmiers à l’échelle mondiale.
Les professionnels de santé en première ligne dénoncent un retard de paiement de deux à trois mois. « Ils risquent leur vie au quotidien, souvent dans des conditions extrêmes, pour sauver des vies, et pourtant, leurs salaires restent impayés », a-t-il déploré.
Le CII a directement interpellé le ministre de la Santé congolais, Roger Kamba, via un courrier officiel. L’organisation exige des mesures immédiates : versement des arriérés, garantie de paiements réguliers à l’avenir, et fourniture d’équipements de protection individuelle (EPI), d’assurances et d’indemnités adaptées.
Les données disponibles montrent une situation alarmante : en seulement trois mois, l’épidémie actuelle a déjà causé plus de 2 128 décès pour 4 566 cas confirmés, selon les bilans officiels. Ce bilan dépasse largement celui enregistré lors des trois premiers mois de la flambée historique de 2014-2020 en Afrique de l’Ouest.
Le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a qualifié cette progression de « la deuxième plus grande épidémie d’Ebola jamais enregistrée », soulignant qu’elle se propage à un rythme sans précédent. « Au train actuel, elle pourrait dépasser celle qui a frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 », a-t-il précisé.
Pourtant, les ressources allouées restent insuffisantes. Sur les 518 millions de dollars nécessaires au plan de préparation et de riposte lancé en juin par l’OMS et l’Africa CDC, seulement la moitié a été mobilisée à ce jour. Aucun vaccin ni traitement spécifique n’est encore disponible contre le variant Bundibugyo responsable de l’épidémie.
En attendant, l’OMS propose d’organiser un essai clinique avec le vaccin Ervebo, homologué contre la souche Zaïre du virus. « Nous finalisons actuellement le protocole à soumettre aux autorités réglementaires congolaises », a indiqué Vasee Moorthy, responsable du programme Recherche & Développement de l’OMS.