Condamnation d’un journaliste malien : un an de prison pour ses critiques contre les autorités
Le journaliste malien Chahana Takiou, directeur de publication du bihebdomadaire 22 Septembre, a été condamné ce lundi à un an de prison, dont six mois ferme, par le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Cette décision intervient après des propos tenus lors d’un forum des médias organisé à Bamako, où il avait dénoncé l’utilisation de la loi sur la cybercriminalité contre les journalistes. Arrivé au pouvoir en 2020, le général Assimi Goïta fait face à des accusations répétées de restriction de l’espace médiatique.

Un verdict sévère dans un contexte de restrictions croissantes
Lors de son intervention au Forum panafricain des médias à Bamako, Chahana Takiou avait vivement critiqué le recours à la loi sur la cybercriminalité pour poursuivre les journalistes. Il avait déclaré que « le journalisme est le même sous tous les cieux », une phrase saluée par une partie de l’assistance. Cependant, cette prise de position lui a valu une condamnation ferme, perçue comme une nouvelle atteinte à la liberté de la presse au Mali.
L’un de ses avocats a exprimé sa déception face à la sévérité de la peine, soulignant que cette décision s’inscrit dans une série de mesures restrictives depuis le coup d’État de 2020. Les autorités de transition, dirigées par le général Assimi Goïta, sont régulièrement pointées du doigt par les organisations de défense des droits humains pour leur gestion de l’espace public.
Le Mali, une liberté de la presse en déclin
Selon le Classement mondial de la liberté de la presse 2026, le Mali occupe désormais la 121ᵉ place sur 180 pays, un recul qui reflète les difficultés croissantes rencontrées par les médias dans le pays. Cette condamnation survient dans un contexte marqué par une crise sécuritaire persistante, avec des attaques jihadistes, des violences communautaires et une instabilité politique chronique.