Comprendre l’impact de la malnutrition au Mali

La malnutrition au Mali : un enjeu sanitaire majeur pour 2024

Enfant souffrant de malnutrition au Mali

La malnutrition au Mali : un enjeu sanitaire majeur pour 2024

En 2024, la malnutrition au Mali reste un défi sanitaire alarmant pour ce pays d’Afrique de l’Ouest, où plus de 15 millions de personnes sont touchées. Malgré les efforts de prévention déployés ces dernières années, certaines régions du pays concentrent des foyers de malnutrition persistants. Faisons le point sur cette crise silencieuse.

Au Mali, la malnutrition se manifeste sous plusieurs formes et touche particulièrement les populations les plus vulnérables. Conscientes de l’urgence, les autorités maliennes ont fait de la nutrition une priorité nationale, notamment pour réduire un taux de mortalité infantile parmi les plus élevés au monde – près d’un enfant malien sur cinq décède avant l’âge de 5 ans. Les conséquences de cette crise sanitaire s’étendent bien au-delà de la santé individuelle, impactant durablement le développement économique et social du pays.

Dans les foyers maliens, l’espacement trop court entre les naissances représente l’un des facteurs clés de la malnutrition, tant pour les mères que pour les jeunes enfants. Par ailleurs, plus une famille compte de membres, plus le risque de malnutrition augmente de manière significative.

Des chiffres qui dépassent les seuils d’alerte internationaux

La malnutrition aiguë globale (modérée et sévère) touche 15 % de la population malienne, un chiffre bien supérieur au seuil d’alerte de 10 % fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Quant à la malnutrition chronique, elle frappe 38 % des enfants de moins de 5 ans, alors que le seuil international d’alerte est fixé à 20 %. Ces données placent le Mali dans une situation critique, bien au-delà des normes établies par l’OMS.

En outre, plus de 80 % des enfants maliens de moins de 5 ans et 65 % des femmes souffrent d’une carence en fer, l’un des taux les plus élevés au monde. Cette carence a des répercussions graves, notamment sur le développement cognitif des enfants et la santé des mères. Une femme anémiée présente un risque accru d’accoucher d’un enfant malnutri, perpétuant ainsi le cycle de la malnutrition.

Avec près de 40 % de la population concernée, la malnutrition constitue une crise sanitaire majeure au Mali, nécessitant une réponse urgente et coordonnée.

Les actions mises en place pour endiguer la crise

Face à cette situation, l’État malien a élaboré une politique nutritionnelle claire, accompagnée d’un plan d’action visant à mobiliser des financements pour renforcer ce secteur. L’objectif ? Améliorer la prise en charge des populations touchées et réduire durablement l’impact de la malnutrition.

« Cette politique est soutenue par un plan d’action ambitieux, dont l’objectif est de mobiliser des ressources financières essentielles pour ce secteur »
Expert en nutrition à l’Unicef Mali

Parmi les mesures phares, le Mali a adopté l’iodation universelle du sel pour lutter contre les troubles liés à la carence en iode. Aujourd’hui, 79 % des ménages maliens utilisent du sel iodé, un progrès notable mais encore insuffisant pour atteindre l’objectif de 90 % fixé par les autorités sanitaires.

Depuis 2005, les Semaines d’intensification des activités nutritionnelles (SIAN) sont organisées deux fois par an dans tout le pays, couvrant 95 % des zones maliennes. Destinées aux enfants âgés de 6 à 59 mois, ces semaines sont désormais bien ancrées dans les habitudes locales, renforçant la sensibilisation et la prévention. Pendant ces périodes, l’État, en collaboration avec des organisations humanitaires comme l’Unicef, promeut activement la supplémentation en vitamine A et le déparasitage, des mesures clés pour réduire la mortalité infantile.

Ces initiatives s’inscrivent dans une approche communautaire globale, portée par l’Unicef et ses partenaires. Leur mission ? Sensibiliser les populations aux signes de la malnutrition, détecter précocement les cas et intervenir rapidement pour sauver des vies. « L’objectif est d’intégrer le dépistage de la malnutrition dans les activités sanitaires de routine des communautés », souligne Médiatrice Kiburente Touré. « Il est crucial de continuer à informer les populations sur l’importance de l’accès à l’eau potable et d’identifier les causes profondes de la malnutrition pour agir efficacement. »

En 2010, seulement 50 % des enfants maliens souffrant de malnutrition aiguë sévère bénéficiaient d’une prise en charge. Aujourd’hui, ce taux est en hausse, mais des efforts supplémentaires restent indispensables pour atteindre une couverture optimale.

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