Cap 2030 : le Gabon mise sur son agriculture pour une souveraineté alimentaire renforcée

cap 2030 : le Gabon mise sur son agriculture pour une souveraineté alimentaire renforcée

Libreville — Le Gabon, riche en terres arables et doté d’un climat propice à l’agriculture, a longtemps fait face à une contradiction majeure : une dépendance criante aux importations alimentaires malgré ses ressources naturelles abondantes. Cette situation fragilise sa balance commerciale et expose le pays aux aléas des marchés internationaux, plaçant la souveraineté alimentaire au cœur des priorités nationales.

C’est dans cette optique que le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural a organisé à Libreville une retraite stratégique de deux jours. L’objectif ? Redéfinir les orientations du secteur agricole et accélérer sa transformation pour atteindre les ambitions fixées à l’horizon 2030. Sous l’impulsion du ministre Pacôme Kossy, cette initiative marque un tournant dans la gouvernance agricole gabonaise, avec une volonté affirmée de performance, de transparence et de résultats concrets.

Intitulée « cap 2030 : aligner le management, accélérer les résultats, sécuriser la souveraineté alimentaire du Gabon », cette rencontre a réuni l’ensemble des acteurs clés du ministère, des directeurs généraux aux responsables provinciaux. Une mobilisation exceptionnelle qui reflète l’urgence d’agir dans un contexte mondial marqué par des crises sanitaires, des tensions géopolitiques et des bouleversements climatiques.

une gouvernance rénovée pour des résultats mesurables

La souveraineté alimentaire ne se limite plus à des politiques agricoles classiques. Elle exige désormais une capacité à produire davantage, à transformer localement et à sécuriser durablement les approvisionnements. La retraite stratégique de Libreville s’inscrit dans cette logique en instaurant une nouvelle culture de gestion publique axée sur l’efficacité, la responsabilité et la performance.

Chaque direction, chaque entité sous tutelle et chaque délégation provinciale devra désormais aligner ses actions sur des objectifs précis, évaluables et assortis d’indicateurs de suivi. Cette approche rompt avec les pratiques traditionnelles, souvent centrées sur les moyens plutôt que sur les résultats. Le futur pacte de performance managériale, qui sera finalisé à l’issue des travaux, intégrera des engagements chiffrés et des mécanismes d’évaluation réguliers. L’introduction d’un tableau de bord national illustrera cette volonté de piloter le secteur par les résultats.

des investissements historiques pour moderniser l’agriculture

Cette réflexion stratégique intervient alors que le ministère de l’Agriculture affiche un bilan ambitieux pour le premier semestre 2026. Près de 7 575 milliards de francs cfa d’investissements privés ont été mobilisés grâce à la signature de cinq accords majeurs. Ces financements visent à moderniser les filières agricoles, à renforcer les infrastructures de transformation et à soutenir la production nationale.

Parmi les priorités figurent également l’accompagnement des producteurs locaux pour favoriser l’émergence d’une agriculture entrepreneuriale, capable de répondre aux besoins des marchés urbains. Le plan de transformation des systèmes agroalimentaires 2026-2030 servira de feuille de route pour les années à venir, en définissant les axes prioritaires en matière de production, de transformation, de commercialisation et d’adaptation climatique.

l’agriculture, un levier de puissance économique

Pour le Gabon, la quête de souveraineté alimentaire dépasse la simple augmentation des rendements. Il s’agit de construire un modèle résilient, capable de créer des emplois, de dynamiser les zones rurales, de réduire les importations et de renforcer la stabilité économique face aux chocs externes.

Les orientations stratégiques validées lors de cette retraite seront scrutées de près par les acteurs économiques et les partenaires internationaux. Derrière le projet cap 2030 se profile une ambition plus vaste : faire de l’agriculture gabonaise un secteur performant, industrialisé et autonome, garant de la sécurité alimentaire et de la puissance nationale.

Les autorités gabonaises ont clairement tourné la page des diagnostics. L’heure est désormais à l’action, à la mesure des progrès et à la concrétisation des engagements pris. Dans un monde où la sécurité alimentaire devient un enjeu géopolitique majeur, le Gabon a choisi de jouer un rôle actif dans cette transformation.

Retour en haut