Cameroun : l’audition décisive du colonel Otoulou dans l’affaire Martinez Zogo

Une comparution très attendue devant la justice camerounaise

Le colonel Jean-Pierre Otoulou, enquêteur principal dans le dossier de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, a achevé une audition cruciale. Face aux magistrats, l’officier a défendu le bien-fondé de ses investigations, affirmant détenir des éléments de preuve tangibles. Il a notamment insisté sur le rôle de Bruno Bidjang, collaborateur de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, l’un des principaux accusés. Selon le colonel, Bidjang aurait tenté d’obtenir des informations sur les investigations qui le visaient directement.

Réactions des parties civiles et de la défense

Me Calvin Job, avocat des ayants droit de Martinez Zogo, n’a pas caché son indignation. Il estime que ces révélations confirment les soupçons d’ingérence dans la procédure. « Cela met en lumière ce que nous redoutions depuis le début : une tentative d’infiltration de la commission mixte d’enquête par une personne qui était elle-même concernée », a-t-il déclaré.

Les déclarations du lieutenant-colonel Justin Danwe

Lors de ses échanges avec le colonel Otoulou, le lieutenant-colonel Justin Danwe, membre de la Direction générale des renseignements extérieurs (DGRE), a reconnu avoir orchestré la filature, l’enlèvement et la torture de l’animateur camerounais. Il aurait également constitué les équipes opérationnelles avec des agents de la DGRE. Toutefois, il soutient avoir agi sur instruction de sa hiérarchie.

La défense de Léopold Maxime Eko Eko

Les avocats de Léopold Maxime Eko Eko, directeur général des renseignements généraux à l’époque des faits, rejettent catégoriquement cette version. « Il s’est rendu en mission sans ordre de mission ni financement. À son retour, il n’a fourni aucun compte rendu à sa hiérarchie. La conclusion est simple : il s’agit d’une initiative personnelle du colonel Danwe », a tranché Me Ndjana Ndjana.

Par ailleurs, le lieutenant-colonel Justin Danwe a maintenu que la torture de Martinez Zogo n’avait pas eu lieu dans l’immeuble Ekang, propriété de Jean-Pierre Amougou Belinga.

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