Le gouvernement camerounais met un terme aux dérives des églises non enregistrées
Le ministre camerounais des Affaires religieuses, Paul Atanga Nji, a confirmé la fermeture prochaine de 1 400 églises nouvelles au Cameroun. Cette décision s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les irrégularités administratives persistantes observées dans leur fonctionnement. En 2024, une directive avait été émise pour imposer l’enregistrement obligatoire de ces structures. Pourtant, un grand nombre d’entre elles n’a toujours pas régularisé sa situation.
« La période de tolérance est désormais terminée », a déclaré le ministre lors d’une réunion exceptionnelle avec les responsables de l’église Vie et Paix. Cette convocation faisait suite à un drame survenu fin juin 2026 : une enfant de 11 ans a été poignardée à 17 reprises par une fidèle de cette communauté, sous prétexte d’agir sur ordre divin. Un autre cas similaire, impliquant une fillette de 11 ans, avait déjà marqué le mois de mars 2026, bien que les motivations restent floues.
Un phénomène en expansion depuis plus de 20 ans
Depuis 2006, l’État camerounais tente de réguler l’émergence rapide des églises nouvelles. En 2008, seulement 81 associations et institutions religieuses avaient été officiellement reconnues, dont 46 églises protestantes et pentecôtistes, toutes opérant dans le respect de la législation en vigueur.
Le phénomène des sectes chrétiennes s’est intensifié au Cameroun à partir de 1994, favorisé par deux facteurs majeurs : l’adoption de la loi sur la liberté d’association et la dévaluation du franc CFA. Cette dernière avait plongé de nombreux pays africains, dont le Cameroun, dans une crise économique, poussant une partie de la population vers des mouvements religieux parfois extrêmes.
Des fermetures déjà engagées
En 2025, les autorités avaient déjà procédé à la fermeture de près de 200 lieux de culte pour nuisances sonores. Les responsables des églises non agréées avaient été sommés de régulariser leur situation sous peine de sanctions immédiates.