L’autorisation accordée aux motos de type Mio d’emprunter les pistes cyclables au Burkina Faso provoque des réactions contrastées. Si certains usagers y voient une avancée, d’autres redoutent des risques accrus sur des voies jugées trop étroites.
« Je trouve que c’est une bonne initiative, car la circulation est déjà très réglementée. Permettre aux Mio de rejoindre les petites motos sur la piste cyclable me paraît logique », estime Ben Ouattara, livreur.
Les motos et scooters Mio, reconnus pour leur compacité, leur légèreté et leur faible coût d’entretien, sont très prisés pour les déplacements urbains.
Les autorités justifient cette réforme par la volonté de désengorger les axes principaux de plus en plus saturés. En redirigeant une partie des deux-roues vers les pistes cyclables, l’objectif est de réduire la pression sur les grandes voies et d’améliorer la cohabitation entre les différents usagers.
« Ils ont sans doute voulu protéger la population avec cette mesure. Mais il aurait mieux valu laisser les choses en l’état. La piste cyclable est étroite, et y concentrer toutes les motos risque de créer des bouchons. On verra bien ce que cela donnera », confie Sirina Ouédraogo, une usagère.
Toutefois, de nombreux Burkinabè estiment que cette seule mesure ne résoudra pas durablement les embouteillages. Avec l’augmentation constante du parc de deux-roues, la mobilité urbaine appelle des solutions à la fois individuelles et globales.
« Sur la piste cyclable, on redouble d’attention car on est plus à l’étroit. Cela incite à la prudence, ce qui peut réduire les accidents », se réjouit Abdoulaye Mané, un autre usager.
« Beaucoup ignorent les règles de circulation. Certains roulent sur les grandes voies sans savoir qu’ils sont en infraction. On voit souvent des femmes circuler à gauche alors qu’elles veulent aller à droite. Mon conseil : évitez la vitesse. Si certains empruntent la piste cyclable, c’est juste pour aller plus vite », s’indigne Sergène Yabré, usagère.
Par ailleurs, plusieurs voix appellent à élargir les pistes cyclables. Conçues initialement pour les vélos, ces infrastructures devraient être adaptées pour accueillir davantage de deux-roues motorisés en toute sécurité. Une modernisation qui pourrait améliorer l’organisation du trafic et contribuer à lutter contre les embouteillages urbains.