Le paysage institutionnel du Sénégal connaît un nouveau séisme. Ce dimanche 25 mai, Malick Ndiaye a officiellement quitté ses fonctions de président de l’Assemblée nationale. Cette démission surprise survient seulement deux jours après l’éviction d’Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre, marquant une accélération brutale de la reconfiguration politique au sommet de l’État.
Un départ motivé par le sens de l’État
Membre influent du parti Pastef, Malick Ndiaye a justifié son retrait par une volonté de cohérence institutionnelle. Dans une déclaration rendue publique, celui qui occupait la deuxième place dans l’ordre protocolaire de la République a évoqué une décision mûrement réfléchie, dictée par sa vision de la responsabilité publique et la protection de l’intérêt supérieur du Sénégal.
Durant son mandat à la tête de l’hémicycle, Malick Ndiaye a souligné son engagement constant pour la modernisation de l’administration parlementaire. Il a rappelé ses efforts pour instaurer davantage de transparence dans le contrôle de l’action gouvernementale et pour renforcer le prestige du Parlement sénégalais à l’échelle internationale.
Le retour en force d’Ousmane Sonko
Parallèlement à ce départ, la journée du dimanche 25 mai 2026 a été marquée par la réintégration d’Ousmane Sonko en tant que député. Le calendrier législatif s’accélère : l’élection du successeur de Malick Ndiaye est d’ores et déjà fixée au mardi 26 mai. Fort de la majorité parlementaire dont dispose le Pastef, Ousmane Sonko apparaît comme le grand favori pour reprendre les rênes de l’institution.
Ce basculement est inédit : en moins de 72 heures, le leader du Pastef pourrait passer du statut de chef de gouvernement démis à celui de président de l’Assemblée nationale. Cette mutation redessine les contours du pouvoir exécutif et législatif, transformant l’ancien tandem formé avec Bassirou Diomaye Faye en une nouvelle dynamique de rapports de force.
Une période d’incertitudes pour l’exécutif
Alors que les manœuvres stratégiques s’intensifient en vue des prochaines échéances électorales, notamment les locales et la présidentielle de 2029, plusieurs interrogations subsistent. Le président Bassirou Diomaye Faye optera-t-il pour une dissolution de l’Assemblée nationale dès que le délai constitutionnel le permettra en décembre prochain ?
Pour l’heure, le pays reste dans l’attente de la nomination d’un nouveau Premier ministre. La formation du futur gouvernement se déroule dans une atmosphère de haute tension, où chaque décision pourrait influencer durablement la stabilité politique du Sénégal.