Boko haram : libération de centaines de personnes enlevées dans le nord-est du Nigeria

Boko Haram : libération de centaines de personnes enlevées dans le nord-est du Nigeria

L’armée nigériane a annoncé samedi la libération de 360 personnes détenues par le groupe djihadiste Boko Haram dans l’État de Borno, au nord-est du Nigeria. Malheureusement, cette opération a été endeuillée par la mort de deux nourrissons, victimes de l’épuisement après des mois de captivité.

Une libération après des mois de captivité

Plusieurs centaines de personnes, principalement des femmes et des enfants, avaient été enlevées au début de l’année par Boko Haram dans la région de Ngoshe, située à moins de 10 kilomètres de la frontière camerounaise. Ces enlèvements de masse, souvent suivis de demandes de rançon, sont devenus une stratégie récurrente des groupes djihadistes dans cette zone.

Samaila Kaigama, président de la Borno South Youth Alliance (BOSYA), a confirmé avoir obtenu la libération de 416 femmes et enfants. Cependant, les autorités militaires ont ensuite précisé que seules 360 personnes avaient été libérées à l’issue d’une opération militaire, et non directement par les ravisseurs.

Les conditions de détention et les victimes collatérales

Selon le communiqué de l’armée, les otages étaient détenus dans des conditions extrêmement difficiles, après avoir été enlevés dans plusieurs localités de la région de Ngoshe. Ces conditions précaires ont coûté la vie à deux nourrissons, décédés d’épuisement.

Daniel Bwala, porte-parole du président Bola Tinubu, a confirmé ce bilan tragique, soulignant la brutalité de la longue captivité subie par les victimes.

Une opération militaire planifiée

L’armée a expliqué avoir mené une opération minutieuse, basée sur des renseignements et des actions psychologiques destinées à semer la division au sein des groupes insurgés. Ces manœuvres ont permis de préparer le terrain avant l’assaut final, aboutissant à la libération des otages.

Les victimes ont été retrouvées dans une zone montagneuse, Ngoshe et ses alentours étant des bastions historiques de Boko Haram, souvent ciblés par des attaques répétées.

Les rançons, une pratique controversée

Si les autorités nigérianes démentent verser des rançons aux groupes djihadistes, des analystes estiment que cette pratique reste courante, tant de la part des familles des victimes que des autorités locales. Selon un rapport de SBM Intelligence, près de 1,66 million de dollars auraient été versés entre juillet 2024 et juin 2025 à divers groupes armés, incluant non seulement Boko Haram, mais aussi des bandits et des séparatistes.

BOSYA, l’organisation de jeunesse locale, a joué un rôle clé dans les négociations, facilitant les échanges entre les familles et les ravisseurs, bien que les détails de la libération restent flous.

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