Bénin : vers une certification OMS majeure pour son système de santé

Entre le 6 et le 9 juillet 2026, l’Agence Béninoise du Médicament et des autres produits de Santé (ABMed) a été soumise à une évaluation exigeante par des spécialistes de l’Organisation mondiale de la Santé. Cette inspection approfondie a révélé des avancées remarquables, plaçant le Bénin sur le point d’obtenir un statut international inédit. Un aboutissement qui couronnerait près de dix ans de transformations structurelles dans le domaine sanitaire.

Une évaluation internationale pour évaluer l’ABMed

Pendant quatre jours, le système de santé béninois a été passé au crible par une équipe de huit experts internationaux. Leur mission ? Analyser avec précision l’ensemble des mécanismes juridiques, opérationnels et réglementaires de l’ABMed. Rien n’a été négligé : des procédures d’autorisation des médicaments à leur surveillance post-commercialisation, en passant par la pharmacovigilance et les essais cliniques. Cette analyse visait à évaluer la conformité des pratiques béninoises avec les normes les plus strictes au monde.

Les résultats, présentés le 9 juillet 2026 à Cotonou, sont plus qu’encourageants. L’évaluation a mis en évidence des progrès significatifs, confirmant que le Bénin se rapproche d’un objectif crucial : sécuriser intégralement sa chaîne d’approvisionnement en produits de santé.

Le Niveau de Maturité 3 : un symbole de fiabilité et d’autonomie

Mais que représente exactement ce Niveau de Maturité 3 (NM3) décerné par l’OMS ? Selon les critères de l’organisation, ce statut récompense les pays disposant d’un système de régulation pharmaceutique robuste, opérationnel et pleinement intégré. Atteindre ce niveau signifie que l’autorité nationale est désormais capable de superviser efficacement tous les médicaments disponibles sur son territoire.

Cette certification garantit aux populations un accès à des produits de santé fiables, sûrs et performants. Au-delà de la protection des patients, ce label renforce la crédibilité du Bénin à l’international. Il favorise les partenariats économiques, stimule la production locale de médicaments et facilite l’exportation vers d’autres marchés africains. Pour les citoyens, c’est aussi la promesse d’une lutte renforcée contre les médicaments contrefaits.

Les réformes de 2017 récompensées par l’OMS

La cérémonie de restitution, présidée par le Ministre de la Santé, le Professeur Benjamin Hounkpatin, a été l’occasion de souligner l’importance de cette évaluation. Le ministre a salué avec enthousiasme les efforts des équipes de l’ABMed, mettant en avant les avancées majeures accomplies. Pour le gouvernement béninois, cette reconnaissance potentielle n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une vision ambitieuse.

Depuis 2017, des réformes structurelles profondes ont été engagées dans le secteur pharmaceutique. La transformation de l’ancienne direction de la pharmacie en une agence autonome (l’ABMed) et le renforcement du cadre législatif ont posé les bases nécessaires à cette évolution. Le ministre a réaffirmé l’engagement de l’État à accompagner l’ABMed jusqu’à l’obtention définitive de cette certification mondiale.

Le Bénin, futur acteur clé de la santé en Afrique de l’Ouest

Si les résultats finaux valident le passage au Niveau de Maturité 3, le Bénin pourrait devenir le deuxième pays francophone d’Afrique de l’Ouest à obtenir cette distinction, après le Sénégal. Cette avancée positionnerait le pays comme un modèle de gouvernance sanitaire dans la région. Elle prouve qu’avec une volonté politique affirmée et une rigueur technique constante, les nations africaines peuvent aligner leurs institutions sur les meilleurs standards internationaux.

Vers une nouvelle ère pour la santé publique

Cette évaluation de l’OMS en juillet 2026 marque un tournant historique pour le Bénin. Si les indicateurs sont favorables, l’ABMed devra finaliser les dernières recommandations pour officialiser ce changement de statut. En se rapprochant du Niveau de Maturité 3, le pays démontre que la souveraineté pharmaceutique et la protection des patients ne sont plus des objectifs lointains, mais une réalité en construction.

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