Bénin: la présidence affirme maîtriser la situation après un soulèvement militaire
Des militaires ont proclamé la destitution du président Patrice Talon à la télévision publique béninoise, mais son entourage a rapidement démenti, confirmant que le chef de l’État est en sécurité et que les forces armées loyalistes reprennent le dessus.
Le Bénin, nation côtière d’Afrique de l’Ouest réputée pour sa croissance économique robuste mais confrontée à des menaces jihadistes dans le nord, se préparait à une échéance électorale majeure en avril prochain, marquant la fin du mandat de son président.
Cette région ouest-africaine a été le théâtre de multiples prises de pouvoir par la force ces dernières années, avec des événements similaires enregistrés au Mali, au Burkina Faso, au Niger, en Guinée, et plus récemment en Guinée-Bissau fin novembre.
Dimanche matin, un groupe de militaires s’identifiant comme le « Comité militaire pour la refondation » (CMR) a diffusé sur la chaîne nationale béninoise une déclaration annonçant la « déposition » de Monsieur Talon. Le signal de la télévision a été interrompu peu après cette diffusion.
Suite à cette annonce des militaires, des sources proches de Patrice Talon ont rapidement indiqué que le président était hors de danger et que l’armée régulière était en train de rétablir pleinement l’autorité de l’État.
Selon ces mêmes sources, il ne s’agissait que d’un « groupuscule » n’ayant eu accès qu’à la télévision. Elles ont assuré que l’armée loyaliste reprenait le contrôle et que la capitale, Cotonou, ainsi que l’ensemble du territoire national, étaient « totalement sécurisés ».
L’ambassade de France à Cotonou a émis un avertissement sur la plateforme X (anciennement Twitter) dimanche, signalant des « coups de feu » près de la résidence présidentielle et recommandant aux citoyens français de rester confinés chez eux pour leur sécurité.
Une autorité militaire a corroboré que la situation était « sous contrôle » et a précisé que les insurgés n’avaient réussi à s’emparer ni du domicile du chef de l’État, ni de la présidence de la République.
Cette même source a ajouté qu’il n’était qu’une « question de temps » avant un retour à la normale, affirmant que les opérations de « nettoyage » progressaient efficacement.
L’histoire politique du Bénin est ponctuée de plusieurs tentatives ou réussites de coups d’État.
Patrice Talon, en fonction depuis 2016, s’apprête à achever son second et dernier mandat en 2026, conformément aux dispositions constitutionnelles.
Dans la perspective des prochaines élections, le principal parti d’opposition a été exclu de la compétition, laissant la voie à une confrontation entre le parti au pouvoir et un candidat de l’opposition jugé « modéré ».
Bien que salué pour ses efforts en faveur du développement économique du Bénin, Patrice Talon est souvent critiqué par ses opposants qui lui reprochent d’avoir infléchi le pays vers une gouvernance plus autoritaire, contrastant avec son passé de démocratie dynamique.