À 85 ans, Auguste Miremont, figure emblématique des médias et premier ministre de la Communication de Côte d’Ivoire entre 1989 et 1993, rompt le silence. Dans un ouvrage intitulé « Auguste Miremont, d’Houphouët à Ouattara, en toute liberté… », ce témoin privilégié de l’histoire nationale livre un regard sans concession sur les décennies de mutations politiques du pays.
Un témoignage pour la postérité
Longtemps resté en retrait après ses fonctions de député, maire et ministre, Auguste Miremont explique avoir finalement cédé à la nécessité de transmettre son expérience aux nouvelles générations. Ce livre n’est pas une simple biographie, mais une plongée dans les coulisses du pouvoir ivoirien, fruit de 30 heures d’entretiens passionnés.
De la stabilité d’Houphouët-Boigny aux turbulences politiques
Pour l’ancien ministre, le parcours de la Côte d’Ivoire a été marqué par des contrastes saisissants. Si l’ère de Félix Houphouët-Boigny est synonyme de stabilité, elle n’a pas été exempte de tensions. Auguste Miremont souligne le génie politique du « Vieux », capable d’apaiser les crises par l’écoute et le sens du timing.
Il ne cache pas sa douleur face à la rupture institutionnelle de 1999. Le coup d’État contre Henri Konan Bédié et les violences qui ont suivi sous les présidences de Robert Guéï et Laurent Gbagbo l’ont profondément marqué. « J’ai vu s’effondrer l’image d’un pays modèle que nous avions contribué à bâtir », confie-t-il avec émotion.
Alassane Ouattara, l’héritier de la méthode Houphouët
Interrogé sur les différents chefs d’État qu’il a côtoyés, Auguste Miremont estime que l’actuel président, Alassane Ouattara, est celui qui a le mieux assimilé la philosophie d’Houphouët-Boigny. Il loue sa patience, sa courtoisie et sa ténacité face aux épreuves.
Cependant, il note une évolution dans le tempérament du chef de l’État : « Quand il était Premier ministre, il ne faisait aucun cadeau à ses collaborateurs. Aujourd’hui, avec l’expérience et l’âge, je le trouve plus mesuré et clément ».
Un bilan entre développement et défis sociaux
L’ancien ministre se dit impressionné par la dynamique de développement actuelle en Côte d’Ivoire. Il cite notamment la modernisation de villes comme Daloa et le désenclavement de régions reculées comme Bin-Houyé et Toulépleu grâce au bitumage des routes.
S’il reconnaît les progrès économiques, il n’élude pas la réalité de la cherté de la vie. Selon lui, le gouvernement est conscient de ces difficultés et tente de les compenser par des programmes sociaux ambitieux, tels que :
- Le projet des filets sociaux pour les plus démunis.
- L’initiative « École de la deuxième chance » pour la réinsertion professionnelle.
- L’octroi de bourses d’apprentissage pour la jeunesse dans les zones rurales.
Pour Auguste Miremont, l’ambition de construire une nation unie et prospère reste le cap principal, malgré les défis persistants de l’économie quotidienne.